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Lycée Saint-Louis-de-Gonzague - Paris 16ème

Patrimoine classé Lycée

Lycée Saint-Louis-de-Gonzague - Paris 16ème

    12 Rue Benjamin-Franklin
    75016 Paris
Lycée Saint-Louis-de-Gonzague - Paris 16ème
Lycée Saint-Louis-de-Gonzague - Paris 16ème
Lycée Saint-Louis-de-Gonzague - Paris 16ème
Lycée Saint-Louis-de-Gonzague - Paris 16ème
Lycée Saint-Louis-de-Gonzague - Paris 16ème
Lycée Saint-Louis-de-Gonzague - Paris 16ème
Lycée Saint-Louis-de-Gonzague - Paris 16ème
Lycée Saint-Louis-de-Gonzague - Paris 16ème

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1894
Fondation du lycée
1920
885 élèves inscrits
1933-1935
Reconstruction Art déco
1942
Ouverture du « petit collège »
1980
Introduction de la mixité
2016
Nouveau bâtiment pour les prépas
2022
Rénovation de la chapelle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Louis de Gonzague - Saint patron du lycée Modèle de jeunesse catholique, inspiré du blason
Père François Berlier de Vauplane - Recteur (1930-1937) Supervise la reconstruction Art déco
Henri Viollet - Architecte Conçoit les bâtiments dans les années 1930
Henri de Maistre - Artiste Auteur de la fresque classée
Françoise Bouissou - Première femme directrice (1990) Dirige l’établissement après laïcisation
Bruno Le Maire - Ancien élève (promo 1986) Ministre de l’Économie, exemple d’élite formée
Jean-Pierre Martin-Vallasse - Ancien élève (années 1950-60) Révèle des abus sexuels en 2016

Origine et histoire

Le lycée Saint-Louis-de-Gonzague, souvent appelé « Franklin » en référence à sa localisation rue Benjamin-Franklin (anciennement rue Franklin), est un établissement d'enseignement privé catholique fondé en 1894 par les jésuites dans le 16e arrondissement de Paris. Initialement nommé « Petit Externat du Trocadéro », il s’installe au no 10 de la rue Franklin, dans des locaux précédemment occupés par l’école Saint-Charles-d’Iéna. Son objectif premier est d’accueillir des élèves de la dixième à la sixième, servant d’« avant-poste » au collège Saint-Ignace de la rue de Madrid. Dès ses débuts, l’établissement connaît une croissance rapide, passant de 75 élèves en 1895 à 220 en 1898, avant de devenir le dernier collège jésuite de Paris après la fermeture des autres établissements de la congrégation.

Au début du XXe siècle, malgré les politiques anticléricales et les expulsions des congrégations religieuses, le lycée poursuit son expansion. En 1920, il compte 885 élèves et une association d’anciens est créée. En 1933-1935, sous la direction du père François Berlier de Vauplane, l’établissement est entièrement reconstruit dans un style Art déco par l’architecte Henri Viollet. La chapelle, décorée d’une fresque d’Henri de Maistre représentant la vie de saint Louis de Gonzague, est classée à l’inventaire des monuments historiques en 1993. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les cours sont dispensés dans les caves ou en internat à Baville, et l’école s’agrandit avec l’acquisition d’un site rue Louis-David pour le primaire en 1942.

Après-guerre, le lycée se laïcise progressivement : le nombre de religieux diminue (24 pères en 1956 contre 9 en 1978), et une femme, Mlle de Follin, est nommée directrice du primaire en 1968. La mixité est introduite en 1980, et Françoise Bouissou devient la première femme à diriger l’établissement en 1990. Les classes préparatoires ECE sont créées en 1986, et des travaux d’agrandissement sont menés dans les années 1990 et 2010, incluant un nouveau bâtiment pour les prépas en 2016. En 2021-2022, la chapelle est rénovée avec le soutien de la Fondation du patrimoine, et une messe de dédicace y est célébrée en mars 2022.

Le lycée est réputé pour son excellence académique, avec des taux de mentions au baccalauréat dépassant régulièrement 95 %, et des classements parmi les meilleurs de France. Son projet pédagogique, inspiré du Magis jésuite (recherche de l’excellence et service des autres), inclut des échanges internationaux, des activités artistiques (maîtrise, théâtre) et sportives, ainsi qu’un engagement social via des projets associatifs en classe de première. L’établissement accueille aujourd’hui près de 2 000 élèves, de la maternelle aux classes préparatoires, répartis sur deux sites distants de 500 mètres.

Son histoire est également marquée par des personnalités illustres, parmi ses élèves ou professeurs, comme les hommes politiques Bruno Le Maire et Georges Bidault, les hommes d’affaires François Villeroy de Galhau (Banque de France) et Jacques-Antoine Granjon (Vente-Privée), ou encore l’écrivaine Aliette de Bodard. Cependant, son passé inclut aussi des affaires d’abus sexuels, révélées en 2016 par d’anciens élèves victimes dans les années 1950-1960, sans que des enquêtes internes aient été menées à l’époque. Ces révélations ont conduit à la création d’un groupe de veille par le Vatican en 2014.

Architecturalement, le grand collège est bâti sur d’anciennes carrières de Chaillot, et l’un de ses espaces de récréation, situé sur les toits, offre une vue sur la tour Eiffel. Le lycée est desservi par les stations de métro Passy et Trocadéro (lignes 6 et 9) et reste un symbole de l’éducation bourgeoise parisienne, étudié par des sociologues comme Jean-Pierre Faguer pour son rôle dans la reproduction des élites. Son blason reprend les armes de la famille de Gonzague, en hommage à son saint patron, Louis de Gonzague, modèle de la jeunesse catholique.

Liens externes