Origine et histoire du Lycée
Le lycée Théodore-de-Banville, situé à Moulins dans l’Allier, est l’un des plus anciens lycées de France. Fondé par la loi du 11 floréal an X (1er mai 1802) et inauguré par Napoléon Bonaparte le 16 juin 1803, il remplace l’École centrale de l’Allier, elle-même héritière d’un collège jésuite. Installé dans l’ancien couvent de la Visitation (fondé en 1616 par Jeanne-Charlotte de Bréchard), il conserve des éléments architecturaux majeurs, comme la chapelle du XVIIe siècle, classée Monument Historique en 1928, et le mausolée du duc de Montmorency, exécuté sous Richelieu.
La chapelle, intacte depuis sa construction, illustre l’art classique bourbonnais avec ses peintures attribuées à Eustache Le Sueur. Le lycée, initialement réservé aux garçons sous une discipline militaire, a connu des transformations majeures : extensions entre 1863 et 1885, déplacement de son portail en 1889, et modernisations successives (chauffage en 1963, gymnase en 1995). Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut réquisitionné par les Allemands (1940-1944), servant de caserne et subissant pillages et exécutions de résistants.
Depuis 1895, le lycée rend hommage à Théodore de Banville, poète natif de Moulins. Il a aussi formé des figures marquantes comme Valery Larbaud, Pierre Bourdieu, ou Édouard Lucas. Symbole de résistance, il commémore des professeurs et élèves morts pour la France, dont Georges Politzer et Charles Rispal, déportés ou fusillés. Aujourd’hui, il allie patrimoine historique et innovations pédagogiques, comme son rôle pionnier dans l’enseignement de l’informatique (années 1970) ou ses spécialités sportives et linguistiques.
Classé 2e lycée de l’Allier en 2020 pour son excellence académique (taux de réussite au bac de 99 %), il accueille 156 internes dans des bâtiments rénovés. Son internat, ses options artistiques et scientifiques, ainsi que ses concours (Olympiades, Concours de la Résistance) en font un établissement dynamique. La chapelle, toujours visible, et le mausolée du duc de Montmorency rappellent son héritage religieux et aristocratique, tandis que ses murs portent la mémoire des conflits du XXe siècle.
Le lycée a également été un acteur de l’innovation éducative, participant en 1975 à l’« Expérience des 58 lycées » pour l’enseignement de l’informatique, avec un équipement ultra-moderne pour l’époque (mini-ordinateur CII Mitra 15). Cette dimension technologique s’ajoute à son rôle culturel, avec des sections européennes en allemand, anglais, espagnol et italien, ainsi qu’un enseignement d’exploration en EPS reconnu au niveau inter-académique.