Origine et histoire du Lycée
Le lycée Victor-Hugo de Château-Gontier trouve ses origines dans un collège fondé au début du XVIIIe siècle. L’établissement est officiellement créé le 14 juillet 1710 par un acte signé entre la municipalité et le prêtre Gilles Marais, nommé principal. Installé dans l’ancien prieuré de Genêteil, le collège prospère rapidement : une salle des fêtes est inaugurée en 1723, et le bâtiment de l’Horloge, construit dans les années 1730, est aujourd’hui partiellement classé Monument Historique (arrêté du 6 juin 1995). Sous la direction de Gilles Marais (1710–1733), l’école compte plus de 300 élèves et devient un pôle éducatif majeur, nécessitant même la création d’une imprimerie locale pour fournir les manuels scolaires.
Au fil du XVIIIe siècle, le collège traverse des crises de succession et des conflits administratifs, mais conserve son prestige. En 1775, il accueille 110 pensionnaires et 8 régents. La Révolution française marque un tournant brutal : les professeurs, refusant le serment à la Constitution civile du clergé, sont déportés ou se cachent. Le collège est alors transformé en écurie, dépôt militaire, puis prison. Ses biens sont vendus, et son mobilier dispersé.
Au XIXe siècle, Basile Horeau relance l’établissement en 1803, restaurant les bâtiments et rétablissant son rayonnement. Le collège devient mixte en 1825 et résiste aux turbulences politiques, comme la participation d’élèves aux soulèvements royalistes de 1815 et 1832. En 1881, il est laïcisé et municipalisé, avant de devenir un lycée national en 1968. Rebaptisé lycée Victor-Hugo en 1985, il propose aujourd’hui des formations générales, technologiques et post-bac, tout en conservant des éléments architecturaux classés.
L’histoire du lycée est marquée par des figures influentes, comme Gilles Marais, fondateur et premier principal, ou Basile Horeau, qui le sauva de la ruine après la Révolution. Parmi ses anciens élèves, on compte des personnalités politiques (Jacques Defermon, ministre de Napoléon Ier), religieuses (le bienheureux Basile Moreau), ou encore Claude Pompidou, épouse du président Georges Pompidou. Le bâtiment de l’Horloge, symbole de son patrimoine, rappelle son ancrage dans l’histoire éducative et architecturale de la Mayenne.
Classé 6e sur 11 lycées du département en 2015 pour la qualité de son enseignement, l’établissement perpétue une tradition scolaire vieilles de trois siècles. Son évolution reflète les bouleversements politiques et sociaux de la France, depuis l’Ancien Régime jusqu’à l’éducation publique moderne. Le lycée reste un témoin majeur du patrimoine éducatif des Pays de la Loire, alliant héritage historique et adaptation contemporaine.