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Mairerie de Bordeaux en Gironde

Patrimoine classé Patrimoine urbain Mairerie

Mairerie de Bordeaux

  • 20 Rue des Ayres
  • 33000 Bordeaux
Mairerie de Bordeaux
Mairerie de Bordeaux
Mairerie de Bordeaux
Mairerie de Bordeaux
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Mairerie de Bordeaux
Mairerie de Bordeaux
Mairerie de Bordeaux
Crédit photo : Tmouchentois - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
33000 Bordeaux, 20 Rue des Ayres

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIIe siècle
Construction initiale supposée
1450
Attestation de la tour carrée
1581-1585
Séjour de Montaigne
1618-1619
Transformations majeures
1662
Vente aux Jésuites
8 octobre 1993
Inscription aux Monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Bâtiments du XVIIe siècle de l'ancienne mairerie : galeries de circulation ; façades et toitures du presbytère situé entre cour et jardin ; travée du balcon et toiture correspondante de l'immeuble situé dans la partie Ouest de la cour ; façades et toitures de l'ancienne cuisine et de la tourelle d'angle édifiée dans l'ancien jardin (cad. HD 411) : inscription par arrêté du 8 octobre 1993

Personnages clés

Raimon Colon - Possible fondateur (non confirmé) Maire de Bordeaux en 1242.
Henri Desprez de Mompezat - Marquis et maire de Bordeaux Commanditaire des travaux de 1618-1619.
Michel de Montaigne - Philosophe et écrivain A séjourné dans la Mairerie (1581-1585).
Louis XIII - Roi de France Supprime temporairement la fonction de maire.
Godefroy, comte d’Estrades - Maire nommé par le roi Dernier maire avant la vente aux Jésuites.

Origine et histoire de la Mairerie

La Mairerie de Bordeaux, ou hostau de la Majoria, trouve ses origines au XIIIe siècle, époque où Bordeaux, sous domination anglaise, prospérait grâce au commerce du vin. Ce bâtiment, probablement construit pour abriter le maire et sa famille, symbolisait le pouvoir municipal naissant. Bien que la première mention écrite date du XVe siècle, son existence est liée à des familles bourgeoises influentes comme les Colon ou les Calhau, qui occupaient la fonction de maire. À l’origine modeste, l’édifice était doté d’une tour carrée, symbole de prestige plutôt que de défense, et situé près de la Grosse Cloche, dans un quartier marchand dynamique.

Au début du XVIIe siècle, sous l’impulsion du marquis Henri Desprez de Mompezat, élu maire en 1618, la Mairerie subit d’importantes transformations pour s’adapter aux standards de confort de l’époque. Les travaux, menés entre 1618 et 1619, ajoutent un nouveau corps de logis avec une galerie à arcades inspirée de l’architecture antique, marquée par des pilastres aux ordres dorique, ionique et corinthien superposés. Ce remaniement reflète l’influence de la Renaissance italienne, tout en conservant des éléments médiévaux comme la tour en pierre.

La décadence de l’autonomie municipale au XVIIe siècle marque un tournant pour la Mairerie. En 1620, le roi Louis XIII supprime temporairement la fonction de maire, laissant le bâtiment sans affectation claire. Loué à des particuliers puis cédé à des institutions comme la Cour des Aides, il est finalement vendu en 1662 aux Jésuites, qui y construisent une église. Seuls subsistent alors la galerie, la tour et une partie des bâtiments du XVIIe siècle, aujourd’hui intégrés au presbytère de l’église Saint-Paul-Saint-François-Xavier.

Les vestiges de la Mairerie, partiellement inscrits aux Monuments historiques depuis 1993, comprennent la galerie à arcades, les façades du presbytère et une tourelle d’angle. Ces éléments, restaurés en 1967, illustrent la transition entre l’architecture médiévale et classique. Bien que le site ne soit plus accessible au public, il reste un témoignage rare de l’histoire politique et architecturale de Bordeaux, lié à des figures comme Michel de Montaigne, qui y aurait séjourné entre 1581 et 1585.

La Mairerie incarne aussi les tensions entre pouvoir local et royal. Au XVe siècle, la fonction de maire, d’abord réservée à la bourgeoisie bordelaise, passe sous contrôle royal avec la nomination de lieutenants du roi. Ce changement reflète la centralisation progressive du pouvoir en France, tandis que l’édifice, autrefois symbole d’autonomie communale, devient un enjeu politique avant de perdre sa vocation initiale.

Aujourd’hui, la propriété appartient à la ville de Bordeaux, mais son usage actuel, confié à l’association dominicaine Stella depuis 1968, en fait un lieu à la fois historique et religieux. Son inscription partielle aux Monuments historiques protège ses éléments les plus remarquables, comme la galerie aux ordres antiques superposés, considérée comme un exemple rare d’architecture classique bordelaise.

Liens externes

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