Origine et histoire de la Mairie
L’hôtel de ville de Rennes fut construit entre 1734 et 1743 par l’architecte Jacques V Gabriel, premier architecte du Roi, à la suite du grand incendie qui ravagea la ville en 1720. Les plans définitifs, validés par le conseil municipal le 23 mai 1734 sous le mandat du maire Toussaint-François Rallier du Baty, marquèrent le début des travaux après la pose solennelle de la première pierre le 12 avril 1734. L’édifice, composé de deux ailes classiques reliées par un décrochement en quart de cercle, abritait initialement les facultés de droit et de sciences dans son aile nord, ainsi qu’un cabinet de chimie occupé par le professeur Faustino Malaguti jusqu’en 1855.
Au début du XXe siècle, l’hôtel de ville fut profondément remanié sous l’impulsion du maire Jean Janvier, qui le jugeait « indigne d’un chef-lieu ». L’architecte Emmanuel Le Ray y ajouta un escalier monumental dans l’aile sud et réorganisa les espaces intérieurs pour les rendre plus fonctionnels. En 1918, Janvier décida aussi de créer le « Panthéon rennais », une salle commémorative dédiée aux morts des deux guerres mondiales, de la guerre d’Algérie et d’Indochine, décorée par le peintre Camille Godet à partir de ses croquis de guerre. Inaugurée en 1922, cette salle symbolise la mémoire locale.
Le bâtiment, classé Monument Historique par étapes (inscription en 1940, classements partiels en 1962 et 1963), a connu des usages variés : l’aile nord abritait jadis le présidial puis le tribunal civil jusqu’en 1855, tandis que l’aile sud accueille aujourd’hui les réunions du conseil municipal, les mariages et les réceptions officielles. La tour de l’Horloge, en retrait, domine une niche qui abritait autrefois une statue de Louis XV, détruite pendant la Révolution. Elle fut remplacée en 1932 par une sculpture de Jean Boucher représentant l’Union de la Bretagne à la France, elle-même détruite la même année lors d’un attentat revendiqué par le groupe Gwenn ha Du.
L’architecture de l’hôtel de ville mêle classicisme et symboles politiques. Le vestibule de l’aile sud, orné de colonnes en marbre rose, contraste avec le « Panthéon rennais », espace sobre dédié à la mémoire des conflits. Les façades, classées en 1962, illustrent l’influence de Jacques V Gabriel, tandis que les aménagements intérieurs du XXe siècle reflètent les besoins administratifs modernes. Le bâtiment, propriété de la commune, reste un lieu central de la vie rennaise, alliant héritage historique et fonctions municipales contemporaines.