Frise chronologique
1720
Incendie de Rennes
Incendie de Rennes
1720 (≈ 1720)
Destruction partielle de la ville, origine du projet.
23 mai 1734
Validation des plans
Validation des plans
23 mai 1734 (≈ 1734)
Approbation par le conseil municipal.
12 avril 1734
Pose de la première pierre
Pose de la première pierre
12 avril 1734 (≈ 1734)
Début officiel des travaux.
1734-1743
Construction de l’hôtel de ville
Construction de l’hôtel de ville
1734-1743 (≈ 1739)
Dirigée par Jacques V Gabriel.
18 novembre 1918
Création du Panthéon rennais
Création du Panthéon rennais
18 novembre 1918 (≈ 1918)
Décidée sous la municipalité Janvier.
2 juillet 1922
Inauguration du Panthéon
Inauguration du Panthéon
2 juillet 1922 (≈ 1922)
Salle commémorative décorée par Godet.
1932
Destruction de la sculpture
Destruction de la sculpture
1932 (≈ 1932)
Attentat contre *l’Union de la Bretagne à la France*.
13 septembre 1940
Première protection MH
Première protection MH
13 septembre 1940 (≈ 1940)
Inscription de l’édifice.
12 mars 1962 et 23 août 1963
Classements partiels
Classements partiels
12 mars 1962 et 23 août 1963 (≈ 1963)
Façades et intérieurs protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'hôtel de ville, à l'exception des parties classées : inscription par arrêté du 13 septembre 1940 - Les façades et les couvertures de l'hôtel de ville (cad. A 1640bis) : classement par arrêté du 12 mars 1962 - Les parties suivantes de l'intérieur de l'hôtel de ville teintées en rose sur le plan annexé à l'arrêté : dans l'aile sud : le grand escalier d'honneur ; au rez-de-chaussée, le grand vestibule et la galerie voûtée située en arrière de l'escalier d'honneur ; au premier étage, le bureau des adjoints ; dans l'aile nord, l'escalier en bois à balustres ; au rez-de-chaussée, le vestibule du public ; au premier étage, le cabinet du maire, le bureau du secrétaire général et le bureau du secrétariat (cad. A 1640bis) : classement par arrêté du 23 août 1963
Personnages clés
| Jacques V Gabriel - Architecte |
Concepteur de l’hôtel de ville (1734-1743). |
| Toussaint-François Rallier du Baty - Maire de Rennes |
En fonction lors de la validation des plans. |
| Jean Janvier - Maire de Rennes |
Initiateur des rénovations et du Panthéon. |
| Emmanuel Le Ray - Architecte |
Auteur des remaniements (début XXe). |
| Camille Godet - Peintre |
Auteur du décor du Panthéon rennais. |
| Faustino Malaguti - Professeur de chimie |
Occupant du cabinet de chimie (jusqu’en 1855). |
| Jean Boucher - Sculpteur |
Auteur de *l’Union de la Bretagne à la France* (1932). |
Origine et histoire
L’hôtel de ville de Rennes fut construit entre 1734 et 1743 par l’architecte Jacques V Gabriel, premier architecte du Roi, à la suite du grand incendie qui ravagea la ville en 1720. Les plans définitifs, validés par le conseil municipal le 23 mai 1734 sous le mandat du maire Toussaint-François Rallier du Baty, marquèrent le début des travaux après la pose solennelle de la première pierre le 12 avril 1734. L’édifice, composé de deux ailes classiques reliées par un décrochement en quart de cercle, abritait initialement les facultés de droit et de sciences dans son aile nord, ainsi qu’un cabinet de chimie occupé par le professeur Faustino Malaguti jusqu’en 1855.
Au début du XXe siècle, l’hôtel de ville fut profondément remanié sous l’impulsion du maire Jean Janvier, qui le jugeait « indigne d’un chef-lieu ». L’architecte Emmanuel Le Ray y ajouta un escalier monumental dans l’aile sud et réorganisa les espaces intérieurs pour les rendre plus fonctionnels. En 1918, Janvier décida aussi de créer le « Panthéon rennais », une salle commémorative dédiée aux morts des deux guerres mondiales, de la guerre d’Algérie et d’Indochine, décorée par le peintre Camille Godet à partir de ses croquis de guerre. Inaugurée en 1922, cette salle symbolise la mémoire locale.
Le bâtiment, classé Monument Historique par étapes (inscription en 1940, classements partiels en 1962 et 1963), a connu des usages variés : l’aile nord abritait jadis le présidial puis le tribunal civil jusqu’en 1855, tandis que l’aile sud accueille aujourd’hui les réunions du conseil municipal, les mariages et les réceptions officielles. La tour de l’Horloge, en retrait, domine une niche qui abritait autrefois une statue de Louis XV, détruite pendant la Révolution. Elle fut remplacée en 1932 par une sculpture de Jean Boucher représentant l’Union de la Bretagne à la France, elle-même détruite la même année lors d’un attentat revendiqué par le groupe Gwenn ha Du.
L’architecture de l’hôtel de ville mêle classicisme et symboles politiques. Le vestibule de l’aile sud, orné de colonnes en marbre rose, contraste avec le « Panthéon rennais », espace sobre dédié à la mémoire des conflits. Les façades, classées en 1962, illustrent l’influence de Jacques V Gabriel, tandis que les aménagements intérieurs du XXe siècle reflètent les besoins administratifs modernes. Le bâtiment, propriété de la commune, reste un lieu central de la vie rennaise, alliant héritage historique et fonctions municipales contemporaines.