Frise chronologique
XIVe siècle
Quartier sous influence du chapitre Saint-Salvi
Quartier sous influence du chapitre Saint-Salvi
XIVe siècle (≈ 1450)
Période médiévale du quartier et premières occupations.
XVIIe siècle
Reconstruction majeure de la maison
Reconstruction majeure de la maison
XVIIe siècle (≈ 1750)
Intégration des vestiges médiévaux dans nouvelle demeure.
1755
Mention dans le livre des *Reconnaissances*
Mention dans le livre des *Reconnaissances*
1755 (≈ 1755)
Propriété du sieur Delecouls près de la porte du Tarn.
1791
Propriété d’Étienne Lacombe
Propriété d’Étienne Lacombe
1791 (≈ 1791)
État de section révolutionnaire mentionnant le propriétaire.
1810
Cadastre napoléonien
Cadastre napoléonien
1810 (≈ 1810)
Emprise initiale bien plus vaste que l’actuelle.
18 mai 1971
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
18 mai 1971 (≈ 1971)
Protection des façades et toitures de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Sieur Delecouls - Propriétaire en 1755 |
Mentionné dans le livre des *Reconnaissances*. |
| Étienne Lacombe - Propriétaire en 1791 |
Cité dans les états de section révolutionnaires. |
| Catherine Guiraud - Historienne (mémoire de maîtrise) |
Signale les peintures murales du XVIe siècle. |
| Isidore Sarrasy - Historien local |
Précise la propriété d’Étienne Lacombe en 1791. |
Origine et histoire
La maison située au 1 Rue de la Grand'Côte à Albi est un édifice composite, mêlant des vestiges médiévaux à une construction du XVIIe siècle. Elle s’élève à proximité du Tarn, dans un quartier autrefois sous l’influence du chapitre Saint-Salvi. L’élévation nord, donnant sur le quai Choiseul, conserve des traces d’une structure médiévale : une arcade à double rouleau murée au rez-de-chaussée, et des fragments de baies géminées légèrement outrepassées au premier étage. Ces éléments, partiellement détruits par des aménagements ultérieurs, témoignent d’une occupation ancienne du site. La cave voûtée en brique, typique des constructions médiévales, renforce cette hypothèse.
L’élévation ouest, sur la rue de la Grand'Côte, présente une façade plus récente, caractéristique du XVIIe siècle. Une porte monumentale, flanquée de pilastres et surmontée d’un fronton sculpté, domine le rez-de-chaussée en pierre. Les étages, en brique, sont percés de baies rectangulaires à croisées de pierre. Cette façade, restée inchangée depuis sa construction, contraste avec le côté nord, remanié lors de l’élargissement de la rue de la Dongue pour prolonger le quai Choiseul. Ces transformations ont probablement effacé une grande partie des structures médiévales, ne laissant subsister que des traces fragmentaires.
Au XIVe siècle, le quartier appartenait au chapitre Saint-Salvi, et des accords fonciers avec la ville ou le chapitre ont pu faciliter la construction initiale. Le livre des Reconnaissances de 1755 mentionne la maison comme propriété du sieur Delecouls, décrite alors comme une demeure près de la porte du Tarn, confrontant la muraille de la ville. Les états de section de 1791 l’attribuent à Étienne Lacombe, tandis que le cadastre de 1810 révèle une emprise bien plus vaste, s’étendant sur plusieurs parcelles aujourd’hui disparues. En 1836, elle appartient à messieurs Rias et Boyer.
Les intérieurs conservent des peintures murales de la fin du XVIe siècle, découvertes dans le demi-étage sous comble, ajoutant une dimension artistique à ce patrimoine. L’édifice médiéval, aujourd’hui intégré à la demeure du XVIIe siècle, illustre ainsi les superpositions architecturales et les adaptations urbaines sur plusieurs siècles. Son inscription aux Monuments Historiques en 1971 (façades et toitures) souligne son importance patrimoniale, malgré les transformations subies.
La localisation de la maison, à l’angle du quai Choiseul et de la rue de la Grand'Côte, en fait un témoin des évolutions urbaines d’Albi. Le quartier, autrefois ceint de fortifications, a vu sa physionomie modifiée par l’aménagement des quais et la disparition de ruelles médiévales, comme la rue de la Biscontié. Ces changements, couplés aux reconstructions partielles, expliquent la configuration actuelle de l’édifice, où se mêlent héritage médiéval et classicisme du Grand Siècle.