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Maison, 14 Rue de la Chalotais à Tréguier en Côtes-d'Armor

Patrimoine classé Maison classée MH Maison à pan de bois

Maison, 14 Rue de la Chalotais à Tréguier

    14 Rue de la Chalotais22220 Tréguier
Propriété privée
Maison, 14 Rue de la Chalotais à Tréguier
Maison, 14 Rue de la Chalotais à Tréguier
Maison, 14 Rue de la Chalotais à Tréguier
Maison, 14 Rue de la Chalotais à Tréguier
Maison, 14 Rue de la Chalotais à Tréguier
Crédit photo : GO69 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1490
Construction initiale
automne-hiver 1551-1552
Poutre du premier étage
printemps 1649
Reprises structurelles
2e moitié XVIIe siècle
Suppression des pondalez
XIXe siècle
Remaniemements majeurs
6 avril 2007
Protection intégrale
2023
Étude dendrochronologique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La maison en totalité (cad. AC 124) : inscription par arrêté du 6 avril 2007

Personnages clés

Marchand toilier (anonyme) - Commanditaire présumé Constructeur vers 1490
Saint Pierre - Figure sculptée Représentation au rez-de-chaussée
Saint Martin - Figure sculptée Représentation à l’étage supérieur
Saint Georges - Figure sculptée Représentation au premier étage
Judith Tanguy-Schröer - Historienne de l’art Auteure de l’inventaire 2018
Fanny Gosselin - Spécialiste en architecture Étude dendrochronologique 2023

Origine et histoire de la Maison, Rue de la Chalotais

La maison du 14 rue de la Chalotais à Tréguier est une construction emblématique de la fin du XVe siècle, édifiée vers 1490 par un marchand toilier. Elle illustre le type architectural des pondalez, conçu pour la noblesse commerçante des villes portuaires du nord de la Bretagne. Son plan irrégulier, étiré en profondeur, combine un rez-de-chaussée commercial ouvert sur la rue et un hall central de 13 mètres de haut, destiné à accueillir les acheteurs étrangers. L’escalier en vis sculpté, orné d’un programme iconographique religieux (saint Martin, saint Georges, saint Pierre), dessert les étages où les chambres, isolées par des cloisons en pan de bois, communiquaient autrefois via des galeries en bois (pondalez) surplombant le hall.

La façade sur rue, en pan de bois à encorbellements, présente des poteaux, sablières et contreventements en croix de Saint-André, tandis que les baies des étages forment un bandeau continu horizontal, caractéristique de l’atelier de Guingamp. À l’arrière, la façade en pierre réemploie les chainages des baies d’origine. Le rez-de-chaussée, entièrement communicant, abritait une « grande boutique » chauffée par une cheminée monumentale (aujourd’hui réduite), ainsi qu’une petite cuisine équipée d’un évier et d’un vaisselier en pierre, séparée du hall par une claustra disparue. Les latrines, adossées à la tour d’escalier, et un escalier secondaire ajouté à l’époque moderne témoignent des adaptations successives du bâtiment.

Au XVIIe siècle, les galeries (pondalez) reliant les chambres sur rue et sur cour furent supprimées, remplacées par un escalier en vis arrière pour un accès plus pratique. Le XIXe siècle vit d’importants remaniements : modification de la toiture (disparition du pignon droit), enduit sur la façade en pan de bois, percement de grandes baies, et division de l’espace intérieur. Classée partiellement en 1964, la maison bénéficia en 2007 d’une extension de protection à ses intérieurs après la redécouverte de son appartenance aux pondalez. Les restaurations récentes (à partir de 2007) ont restitué l’espace central, l’escalier, et les cloisons en pan de bois, tandis qu’une étude dendrochronologique (2023) a précisé les dates d’abattage des bois : automne-hiver 1551-1552 pour la poutre du premier étage, et printemps 1649 pour des reprises au second étage et dans les combles.

Cette maison, l’une des premières du type pondalez, révèle des « maladresses » d’exécution révélatrices de son caractère précoce : désalignement des niveaux entre chambres sur rue et sur cour, vaisselier partiellement masqué par l’escalier. Son organisation spatiale reflète les besoins d’une activité marchande prospère, combinant espace de vente, réception des clients, et logis privé. La protection intégrale de la maison (arrêté du 6 avril 2007) souligne son importance patrimoniale, tant pour son architecture que pour son témoignage sur la vie des marchands toiliers bretons à la charnière du Moyen Âge et de l’époque moderne.

Liens externes

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