Origine et histoire de la Maison, Place Gambetta
La maison située au 26 place Gambetta à Bordeaux est un édifice emblématique de l'architecture classique bordelaise du XVIIIe siècle. Construite dans le cadre de l'aménagement de la place Dauphine (aujourd'hui place Gambetta) sous l'impulsion du marquis de Tourny, intendant de la province de Guyenne, elle incarne le renouveau urbain de Bordeaux au siècle des Lumières. Les travaux de la place, confiés aux architectes André Portier et Michel Voisin, débutent en 1758 et s'achèvent en 1770, marquant une étape majeure dans la transformation de la ville. La place, initialement nommée place Dauphine en l'honneur du mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette, devient un lieu central de la vie bordelaise, mêlant commerce, politique et histoire.
Au cours de la Révolution française, la place Dauphine est rebaptisée place Nationale et sert de lieu d'exécution publique. La guillotine y est installée en 1793, et plus de 300 personnes y sont exécutées, dont des Girondins comme Jean-Baptiste-Marie Lacombe, président de la Commission militaire. Ces événements sanglants marquent profondément l'histoire du lieu, qui devient un symbole des violences révolutionnaires. Après la chute de Robespierre, la place retrouve une certaine sérénité, bien que son passé révolutionnaire reste ancré dans la mémoire collective.
Au XIXe siècle, la place est renommée place du Roi de Rome sous Napoléon Ier, avant de prendre son nom actuel en 1883 en hommage à Léon Gambetta, figure politique majeure de la Troisième République. La place devient alors un lieu de commémoration et de rassemblement, notamment lors de la Libération en 1944, où les Forces françaises de l'intérieur y défilent. Au XXIe siècle, la place fait l'objet d'un important réaménagement urbain, achevé en 2021, qui en fait une place-jardin, tout en préservant son patrimoine architectural.
La maison du 26 place Gambetta, comme les autres immeubles de la place, est classée aux Monuments historiques. Son architecture typique du XVIIIe siècle, avec ses façades ordonnancées, ses arcatures et ses mascarons, témoigne de l'héritage architectural bordelais. Elle illustre également l'évolution urbaine de Bordeaux, passant d'une place fortifiée à un espace public moderne, tout en conservant son caractère historique.