Origine et histoire de la Maison à colombages
La maison à colombages de Braine, dite « espagnole » ou « maison à la fleur de lis », est située à l’extrémité de la rue du Martroy, à l’angle de la place Charles-de-Gaulle. Sa partie la plus ancienne, datant du XVe siècle, inclut une tourelle en pierre à escalier en hélice, typique de l’architecture médiévale. Les ailes adjacentes, ajoutées au début du XVIe siècle, enveloppent partiellement cette tourelle, dont seul le sommet émerge aujourd’hui de la toiture. Le rez-de-chaussée, entièrement en pierre, abritait autrefois une boutique de charcuterie, tandis que l’étage présente des encorbellements et des pans de bois remplis de briques.
La maison fut initialement une propriété du prieuré de Saint-Rémi à Braine, comme en témoigne un blason martelé au-dessus de la porte cochère, où figurait autrefois un écu de France. Au XVIe siècle, elle était connue sous le nom de « maison de la fleur de Lis », probablement en référence à ce blason. Après la Fronde et l’occupation espagnole de la région par l’archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg, elle prit le surnom de « maison espagnole ». Des actes du XVIIIe siècle, comme celui de 1718, suggèrent qu’elle servit de relais de poste et d’auberge, avec des vestiges d’écurie et de forge encore visibles il y a quelques décennies.
Classée partiellement en 1927 puis intégralement en 1931 au titre des monuments historiques, la maison a été restaurée après son rachat par la mairie de Braine en 1994, puis revendue à un particulier. Les travaux ont mis au jour des objets anciens (pot, dague, carreaux de faïence) aujourd’hui exposés dans la vitrine de l’ancienne boutique. Ces éléments, ainsi que son architecture hybride (pierre, colombages, briques), en font un témoignage rare de l’évolution urbaine et artisanale de Braine du Moyen Âge à l’époque moderne.
Son histoire reflète les bouleversements politiques et sociaux de la région, depuis son lien avec le prieuré bénédictin jusqu’à son rôle dans les réseaux de communication pré-industriels. La proximité du couvent des bénédictines (aujourd’hui une maison de retraite), dont le mur cloître délimite encore la cour arrière, souligne son ancrage dans le tissu religieux et économique de la ville. Les traces de la devanture de charcuterie, visibles jusqu’en 2014, rappellent aussi son usage artisanal récent, avant sa préservation patrimoniale.