Frise chronologique
XIVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIVe siècle (≈ 1450)
Période attribuée à la maison de Jouandis.
1453
Fin de la guerre de Cent Ans
Fin de la guerre de Cent Ans
1453 (≈ 1453)
Début du repeuplement en Agenais et Périgord.
1472-1485
Première vague d'immigration
Première vague d'immigration
1472-1485 (≈ 1479)
Arrivée de familles du Massif central.
1515-1530
Seconde vague d'immigration
Seconde vague d'immigration
1515-1530 (≈ 1523)
Repeuplement des rives du Dropt.
1971
Découverte et étude
Découverte et étude
1971 (≈ 1971)
Repérage par François Fray et l’association des Amis du Pastourais.
27 décembre 1996
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
27 décembre 1996 (≈ 1996)
Protection de la maison et de sa grange.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Maison, à l'exclusion de l'appentis du XXe siècle (cad. D 258) : classement par arrêté du 21 octobre 1997
Personnages clés
| François Fray - Chercheur et historien |
A étudié et documenté ces maisons dès 1971. |
| Jules Momméja - Historien local |
A comparé ces maisons aux constructions norvégiennes en 1903. |
| Henri Raulin - Auteur du Corpus de l'architecture rurale |
A utilisé le terme « pièce-sur-pièce » pour la Savoie. |
Origine et histoire
La maison à empilage de planches de Jouandis, située à Beaumontois en Périgord, est un monument historique daté du XIVe siècle. Elle fait partie d’un ensemble de maisons construites par empilage de rondins équarris, une technique rare dans cette région frontalière entre l’Agenais et le Périgord. Ces constructions, étudiées à partir de 1971 par François Fray et l’association des Amis du Pastourais, sont concentrées autour des cantons de Villeréal et Castillonnès, avec une diffusion vers Issigeac et Villeneuve-sur-Lot. Leur datation précise, établie par dendrochronologie, situe leur construction entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle, bien que certaines sources évoquent une origine dès le XIVe siècle pour ce spécimen.
Ces maisons en bois empilé témoignent d’une période de repeuplement après la guerre de Cent Ans, qui avait dévasté l’Agenais et le Périgord. Deux vagues d’immigration, entre 1472-1485 et 1515-1530, ont permis de reconstruire les villages ravagés, notamment grâce à l’arrivée de familles du Massif central (Rouergue, Quercy, Auvergne, Limousin) et du Poitou. Les seigneurs et abbés locaux ont offert des terres à défricher et des conditions avantageuses pour attirer ces nouveaux habitants, obligeant notamment à construire une maison. Ce contexte explique la rareté et l’intérêt ethnologique de ces édifices, dont sept ont été protégés entre 1991 et 1992.
La maison de Jouandis se distingue par sa structure rectangulaire, avec des parois en planches empilées et embrévées, assemblées à rainure et languette dans des poteaux corniers. À l’intérieur, une cloison en pans de bois et torchis sépare deux pièces. Le site inclut également une grange adjacente, partiellement construite avec les mêmes techniques. Ces bâtiments, classés en 1996, illustrent une architecture rurale médiévale exceptionnelle, mêlant bois et maçonnerie. Leur préservation souligne leur valeur patrimoniale, tant pour leur ancienneté que pour leur rareté dans le sud-ouest de la France.
La dénomination « maison à empilage » a été popularisée par les chercheurs du XXe siècle, notamment François Fray, qui a documenté 53 exemplaires dans la région. Ce terme ne s’applique cependant qu’à cette zone spécifique, car d’autres régions, comme la Savoie ou le Dauphiné, utilisent des appellations différentes pour des constructions similaires, comme « bâtiment en pièce-sur-pièce ». L’étude de ces maisons révèle des influences possibles des techniques scandinaves, évoquées dès 1903 par Jules Momméja, qui comparait une maison locale à celles du Telemark en Norvège.
La maison de Jouandis, avec sa grange voisine, a été classée au titre des monuments historiques en 1996, à l’exception d’un appentis en briques. Son état de conservation et son intérêt archéologique en font un témoignage précieux des méthodes de construction post-médiévales et des dynamiques de repeuplement après les conflits. Les recherches ultérieures, comme celles menées pour l’Inventaire général du patrimoine culturel, ont permis d’identifier d’autres exemples à Sainte-Sabine-Born, renforçant l’importance de ce patrimoine local.