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Maison à empilage de poutres de Petit-Buzard à Ségalas dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé Maison classée MH Maison à empilage de poutres Maisons à pans de bois

Maison à empilage de poutres de Petit-Buzard à Ségalas

    Petit-Buzard
    47410 Ségalas
Propriété privée
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1453
Fin de la guerre de Cent Ans
1472–1485
Première vague migratoire
1515–1530
Seconde vague migratoire
dernier quart du XVe siècle – début XVIe siècle
Construction des maisons
1971
Début des repérages
14 février 1991
Inscription monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La maison en totalité, à l'exception des bâtiments récents accolés à l'édifice (cad. D 405) : inscription par arrêté du 14 février 1991

Personnages clés

François Fray - Chercheur et découvreur A étudié ces maisons dès 1971.
Jules Momméja - Historien local Premières comparaisons en 1903.
Henri Raulin - Spécialiste de l’architecture rurale Auteur du *Corpus de l’architecture rurale*.

Origine et histoire

La maison à empilage de poutres de Petit-Buzard à Ségalas fait partie d’un ensemble de 53 maisons repérées dans le Nord-Agenais, à la limite du Périgord, construites entre le dernier quart du XVe siècle et le début du XVIe siècle. Ces habitations, édifiées en rondins de bois équarris empilés, témoignent d’une technique de construction rare en France, comparable aux chalets nordiques. Leur découverte systématique débute en 1971 grâce à François Fray et à l’association des Amis du Pastourais, qui en étudie la répartition géographique, concentrée autour des cantons de Villeréal et Castillonnès, avec des extensions vers Issigeac et Villeneuve-sur-Lot.

L’origine de ces maisons est liée au repeuplement de l’Agenais après la guerre de Cent Ans (1453) et les épidémies de peste. Deux vagues migratoires majeures ont lieu : la première entre 1472 et 1485 (entre Garonne et Dordogne), la seconde entre 1515 et 1530 (rivières du Dropt). Les familles venues du Massif central (Rouergue, Quercy, Auvergne, Limousin) ou du Poitou bénéficient de terres offertes par les seigneurs et abbés, à condition de les défricher et d’y construire une maison. Ce contexte explique l’essor de ces constructions en bois, rapides et économiques, adaptées aux ressources locales.

La maison de Petit-Buzard, inscrite aux monuments historiques en 1991 (à l’exception des éléments récents), illustre ce patrimoine vernaculaire. Son plan simple, divisé en deux pièces (une pour l’habitation, l’autre pour les récoltes), combine trois murs en poutres empilées et un pignon en pierre de tuf abritant la cheminée, datable de la fin du XVe ou du XVIe siècle. Autour du corps principal s’articulent des annexes : une galerie au sud, une grange en pans de bois au nord, et une extension moderne à l’ouest. Son architecture évoque les techniques scandinaves ou alpines, bien que son nom de « maison à empilage » soit une appellation locale, absente dans d’autres régions françaises où ce type de construction existe (ex. : « pièce-sur-pièce » en Savoie).

L’intérêt archéologique et ethnologique de ces maisons a été reconnu par les commissions régionales du patrimoine, aboutissant à la protection de sept d’entre elles entre 1991 et 1992. Parmi elles, celle de Petit-Buzard se distingue par son état de conservation et sa représentativité du modèle agenais. Les études dendrochronologiques et les inventaires menés depuis les années 1970 ont permis de documenter leur typologie, leur datation précise, et leur rôle dans l’histoire du peuplement rural post-médiéval.

La dénomination « maison à empilage » est attribuée aux chercheurs locaux, notamment François Fray, qui en 1974 publie un article fondateur dans L’Information d’histoire de l’art. Ce terme s’impose pour désigner ce patrimoine spécifique, distinct des autres constructions en rondins empilés en France (comme en Savoie ou Dauphiné). Jules Momméja, dès 1903, avait déjà souligné les similitudes avec les maisons norvégiennes de Telemark, mettant en lumière leur originalité dans le paysage architectural français.

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