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Maison à empilage de poutres de Peyregras à Mazières-Naresse dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé Maison classée MH Maison à empilage de poutres Maisons à pans de bois

Maison à empilage de poutres de Peyregras à Mazières-Naresse

  • D250
  • 47210 Mazières-Naresse
Maison à empilage de poutres de Peyregras à Mazières-Naresse
Maison à empilage de poutres de Peyregras à Mazières-Naresse
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
47210 Mazières-Naresse, D250

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1453
Bataille de Castillon
1472-1485 et 1515-1530
Vagues d'immigration
Fin XVe - Début XVIe siècle
Construction des maisons à empilage
1971
Début des études
1991-1992
Premières protections
25 janvier 1996
Classement de la maison Peyregras
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Maison et son appentis, également à empilage de poutres (cad. B2 251) : classement par arrêté du 25 janvier 1996

Personnages clés

François Fray - Chercheur et découvreur A initié l’étude des maisons à empilage en 1971.
Jules Momméja - Historien local A comparé ces maisons aux constructions scandinaves en 1903.
Henri Raulin - Auteur du Corpus de l'architecture rurale A étudié les techniques similaires en Savoie.

Origine et histoire de la Maison à empilage de poutres de Peyregras

La maison à empilage de poutres de Peyregras à Mazières-Naresse est un spécimen emblématique des constructions en rondins équarris, typiques du nord de l’Agenais à la limite du Périgord. Ces maisons, édifiées entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle, reflètent une technique de construction en bois empilé, comparable aux chalets nordiques. Leur concentration autour des cantons de Villeréal et Castillonnès, ainsi que leur diffusion vers Issigeac et Villeneuve-sur-Lot, s’explique par le repeuplement de la région après la guerre de Cent Ans, notamment grâce à des vagues migratoires en provenance du Massif central et du Poitou.

L’étude de ces maisons a débuté en 1971 sous l’impulsion de François Fray, puis par l’association des Amis du Pastourais, qui en a recensé 53 exemplaires. Leur intérêt ethnologique et archéologique a été reconnu par les commissions régionales du patrimoine, conduisant au classement ou à l’inscription de sept d’entre elles entre 1991 et 1992. La maison de Peyregras, classée en 1996, illustre ce patrimoine unique, avec une architecture divisée en deux espaces : l’un dédié aux récoltes, l’autre à l’habitation, séparés par une cloison en colombage.

Le contexte historique de ces constructions est marqué par la nécessité de repeupler l’Agenais et le Périgord, dévastés après la bataille de Castillon (1453) et la guerre de Cent Ans. Les seigneurs et abbés locaux ont offert des terres aux nouveaux arrivants, à condition de les défricher et d’y construire une maison. Cette politique a favorisé l’émergence de ces habitations en bois, adaptées aux ressources locales et aux besoins des familles immigrées. La maison de Peyregras, modifiée au XVIe siècle, témoigne ainsi de l’évolution économique et sociale de la région.

La dénomination « maison à empilage » a été popularisée par les chercheurs du XXe siècle, bien que des comparaisons plus anciennes, comme celle de Jules Momméja en 1903, évoquaient déjà des similitudes avec les constructions scandinaves. Ces maisons se distinguent des autres régions françaises où des techniques similaires existent, comme en Savoie ou en Dauphiné, où l’on parle plutôt de « bâtiments en pièce-sur-pièce ». Leur préservation offre un éclairage précieux sur les modes de vie et les savoir-faire de l’époque médiévale tardive et renaissante.

Liens externes

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