Origine et histoire de la Maison à pans de bois, Rue des Buttes
La maison à pans de bois située au 26 Rue des Buttes à Confolens (Charente, Nouvelle-Aquitaine) date du XVIe siècle. Elle illustre l’architecture civile médiévale tardive, marquée par l’usage des bois courts et des encorbellements, techniques répandues en Europe occidentale à cette époque. Son élévation se divise en deux niveaux : un rez-de-chaussée partiellement refait, et un étage en saillie, structuré par des pans de bois irréguliers. La partie gauche de la façade compte trois niveaux supplémentaires, ornés de croix de Saint-André rapprochées au premier étage et plus larges au second, tandis que la partie droite en compte deux.
Les maisons à pans de bois, comme celle de Confolens, reflètent une évolution technique majeure entre le Moyen Âge et la Renaissance. Au XVIe siècle, la technique des bois courts remplace progressivement celle des bois longs, facilitant la construction en milieu urbain et permettant des encorbellements spectaculaires. Ces derniers, bien que pratiques pour gagner de l’espace et éviter les taxes (calculées sur la superficie au sol), furent progressivement interdits pour des raisons d’hygiène et de sécurité, notamment à Rouen dès 1520. La maison de Confolens, avec ses façades et toitures protégées depuis 1973, témoigne de cette transition architecturale.
Le décor de la maison, sobre mais structuré, s’inscrit dans le style gothique tardif, où les éléments en bois (sablières, meneaux) pouvaient être sculptés pour les propriétaires aisés. Les couleurs d’origine, souvent à base d’ocre rouge, protégeaient le bois tout en marquant un statut social. À Confolens, comme dans d’autres villes de Nouvelle-Aquitaine, ces maisons servaient à la fois d’habitation, d’atelier (ouvroir au rez-de-chaussée) et de logement pour les ouvriers ou domestiques aux étages supérieurs. Leur préservation aujourd’hui relève d’une patrimonialisation tardive, initiée au XXe siècle, visant à sauver ces vestiges d’un savoir-faire charpentier médiéval.
La maison a été inscrite aux Monuments Historiques en 1973 pour ses façades et toitures, soulignant son intérêt architectural et historique. Son passage cintré au rez-de-chaussée et la disposition asymétrique des croix de Saint-André en font un exemple remarquable de l’adaptation des techniques constructives locales. Bien que la région Poitou-Charentes (aujourd’hui Nouvelle-Aquitaine) ne soit pas aussi riche en colombages que la Normandie ou l’Alsace, cet édifice rappelle l’omniprésence passée de ce type de construction, avant que la pierre ne s’impose définitivement dans les centres urbains aux XVIIe et XVIIIe siècles.