Origine et histoire
La maison, située dans l’îlot autrefois nommé « île Saint-Ambroise » à Narbonne, date du XVIIe siècle, comme en témoignent ses dépendances voisines portant la date de 1615. Sa façade sobre, divisée en trois niveaux (rez-de-chaussée, premier étage aux grandes fenêtres dépourvues d’ornements, et second étage bas en mezzanine), reflète une architecture fonctionnelle de l’époque. Le portail, pièce maîtresse du monument, se distingue par ses vantaux remarquablement conservés, ses jambages ornés de consoles à volutes, et ses pilastres soutenant un entablement décoré de pyramides triangulaires en relief. Les vantaux, organisés en trois parties (un grand central pour les piétons, deux latéraux pour les voitures), arbore encore une cariatide, des cartouches symétriques et une traverse en feuillage de laurier, malgré quelques dégradations sur la porte basse.
La cour intérieure, en forme de U, s’articule autour d’un puits intégré à une décoration aujourd’hui partiellement disparue, comme les boules de pierre autrefois placées sur les piliers de la grille séparant la cour d’un parterre. L’escalier, à deux volées séparées par un mur d’échiffre, présente des moulures rampantes caractéristiques. Classée Monument Historique par arrêté du 6 mars 1947, la maison protège spécifiquement sa façade, son portail (vantaux inclus), son puits et son escalier, témoignages d’un patrimoine architectural préservé malgré une localisation géographique imprécise (niveau 5/10 selon les sources).
L’édifice s’inscrit dans le contexte urbain de Narbonne au XVIIe siècle, période marquée par un développement architectural mêlant influences médiévales et classiques. Les maisons de cette époque, souvent organisées autour de cours intérieures, servaient à la fois de logements pour les familles aisées et de lieux de commerce ou d’artisanat. Leur disposition reflétait une hiérarchie sociale, avec des façades sobre vers la rue et des espaces privés plus élaborés, comme en témoignent ici le portail ouvragé et la cour en U, typiques des demeures bourgeoises ou marchandes de la région.