Origine et histoire
La maison, située à Saint-Amand-Montrond dans le Cher, trouve ses origines au XVIIe siècle, mais c’est au 4e quart du XVIIIe siècle qu’elle fut profondément transformée pour Auguste Denise de la Pacaudière, alors receveur des tailles. Ce remaniement reflète le goût raffiné de la bourgeoisie locale, avec des lambris et des peintures murales ornant les pièces principales (salon, salle à manger, chambres). Les scènes représentées – chasse, vie champêtre ou galanterie – illustrent les thèmes en vogue chez l’aristocratie et la haute bourgeoisie de l’époque. L’organisation spatiale, tournée vers l’intimité, cache les espaces privés de la vue publique, typique des demeures urbaines de cette période.
Au XIXe siècle, la maison subit des réfections intérieures, notamment sous l’impulsion de Marie-Thérèse Robin Masse, adaptant partiellement les espaces aux modes du siècle. Une grange, aujourd’hui disparue, portait le millésime 1786 sur sa girouette, confirmant les travaux du XVIIIe siècle. L’édifice, partiellement protégé depuis 1991 pour ses décors intérieurs (salons, chambres, couloir), témoigne ainsi de plusieurs strates historiques, mêlant héritage classique et évolutions ultérieures. La maison abrite désormais des chambres d’hôtes, perpétuant son usage résidentiel.
L’escalier, seul vestige clairement identifiable du XVIIe siècle, contraste avec l’ensemble remanié au siècle suivant. Les peintures sur toile et les lambris, caractéristiques du style Louis XV et Louis XVI, soulignent le statut social de son commanditaire, Auguste Denise de la Pacaudière. Ce receveur des tailles, figure de l’administration royale locale, incarne le lien entre pouvoir fiscal et patrimoine architectural. La précision des décors, alliant art et fonctionnalité, révèle une volonté de représentation sociale à travers l’architecture intérieure.
La localisation de la maison, 13 rue Émile-Zola, dans un secteur à la précision géographique jugée a priori satisfaisante (niveau 6/10), en fait un élément marquant du patrimoine urbain de Saint-Amand-Montrond. Son inscription partielle aux Monuments Historiques en 1991 concerne spécifiquement les décors des pièces nobles, préservant ainsi un fragment significatif de l’histoire artistique régionale. La disparition de la grange en 1980 rappelle aussi les transformations contemporaines subies par certains édifices historiques.