Construction du logis sud 1591 (≈ 1591)
Porte datée avec écus des Gremp de Freudenstein.
1598
Ajout de l'avant-corps
Ajout de l'avant-corps 1598 (≈ 1598)
Porte de cave datée, agrandissement.
1606
Construction du logis nord
Construction du logis nord 1606 (≈ 1606)
Poteau cornier daté, pan de bois.
1602-1634
Mandat de Christophe Gremp
Mandat de Christophe Gremp 1602-1634 (≈ 1618)
Bailli de Bouxwiller, lien probable.
16 octobre 1930
Classement monument historique
Classement monument historique 16 octobre 1930 (≈ 1930)
Inscription des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du bâtiment principal et de l'avant-corps : inscription par arrêté du 16 octobre 1930
Personnages clés
Gremp de Freudenstein (famille) - Commanditaires présumés
Armes visibles sur la maison.
Christophe Gremp de Freudenstein - Bailli de Bouxwiller (1602-1634)
Lien probable avec la construction.
Origine et histoire
La maison située au 6, rue des Juifs à Bouxwiller est un édifice emblématique de l’architecture Renaissance alsacienne, construit entre 1591 et 1606. Elle se compose de deux logis distincts : le logis sud, daté de 1591, présente une porte d’entrée ornée d’écus armoriés (dont ceux des Gremp de Freudenstein) et un avant-corps ajouté en 1598. Le logis nord, daté de 1606, arbore un étage en pan de bois avec des décors sculptés (liens pleins, guettes, goussets). Les deux corps de bâtiment, reliés par une aile de communs, illustrent le statut social élevé de leurs commanditaires, probablement la famille Gremp de Freudenstein, dont Christophe fut bailli de Bouxwiller de 1602 à 1634.
L’édifice allie des éléments architecturaux remarquables : rez-de-chaussée en grès avec fenêtres à meneaux, étage en encorbellement, et un plafond stuqué orné de médaillons et d’angelots. Des adjonctions postérieures (escalier intérieur rapporté de Metz, lambris) et des remaniements (aile des communs surélevée) témoignent de son évolution. La maison, adossée au mur d’enceinte ouest de la ville, reflète aussi l’urbanisme défensif de Bouxwiller à la Renaissance. Classée monument historique en 1930 pour ses façades et toitures, elle conserve des traces de son usage résidentiel et de son prestige d’origine.
Les armes des Gremp de Freudenstein (cygne tenant un anneau sur trois monticules) apparaissent à deux reprises sur le logis de 1591, confirmant leur lien avec le monument. Une inscription pieuse en allemand (Wer Gott vertrauet hat wohl gebauet) et un relief représentant un ange tenant des écus soulignent la dimension symbolique et familiale de la demeure. Divisée aujourd’hui en deux propriétés, la maison a subi des modifications (occultation des corbeaux en grès côté cour, dépendance remaniée), mais reste un témoignage majeur du patrimoine civil alsacien de la fin du XVIe siècle.
Le contexte historique place Bouxwiller, alors ville impériale libre associée à l’Empire germanique, dans une période de prospérité pour les élites locales. Les Gremp de Freudenstein, famille noble alsacienne, incarnent cette bourgeoisie aisée qui investit dans des résidences urbaines ostentatoires. L’architecture mêle ici influences germaniques (pans de bois) et Renaissance (décors sculptés), typique d’une région carrefour entre cultures française et allemande. La conservation partielle des éléments d’origine (portes datées, escaliers, plafonds) en fait un exemple rare de l’habitat aristocratique de l’époque.