Origine et histoire
La maison au 3, rue des Écuries à Riquewihr est un édifice emblématique du patrimoine alsacien, construit au 4e quart du XVIe siècle, plus précisément en 1577. Elle se distingue par sa façade en moellons de grès, son oriel à deux étages (partiellement en pan de bois) et une porte d’entrée moulurée en accolade, ornée d’initiales (DVDB) et d’un écu armorié. Un millésime « 1577 » est également gravé sur un corbeau sous le passage d’entrée, confirmant sa date de construction. À l’intérieur, subsistent des éléments anciens comme des poteaux en bois galbés, un escalier droit à console, et un plafond à caissons au 2e étage. La cave, partiellement voûtée en berceau, et les fenêtres à meneaux complètent cet ensemble architectural remarquable.
La maison fut édifiée pour Dominik uf der Bruck par le maître maçon Anthoni Mutzat, originaire de Milan, qui intervint aussi en 1579 pour une autre demeure à Riquewihr (5 rue du Cheval). Endommagée pendant la Seconde Guerre mondiale (comme en témoigne une photographie de 1946), elle fut ensuite restaurée et transformée en hôtel-restaurant, avec des remaniements affectant la cour et les dépendances. Classée monument historique en 1930, sa protection concerne spécifiquement la façade principale, l’oriel et la toiture.
L’architecture de cette maison reflète les influences de la Renaissance tardive en Alsace, mêlant grès local et structures en bois. Les initiales « DVDB » et l’écu armorié suggèrent un commanditaire aisé, probablement lié à l’aristocratie ou à la bourgeoisie marchande de Riquewihr, ville alors prospère grâce au commerce du vin. Les marques de tâcheron, comme celle attribuée à Anthoni Mutzat, illustrent les pratiques artisanales de l’époque, où les ouvriers signaient leurs réalisations. Aujourd’hui, ce bâtiment incarne à la fois l’histoire urbaine de Riquewihr et les savoir-faire constructifs du XVIe siècle.
La localisation de la maison, au 3 rue des Écuries, dans le centre historique de Riquewihr, souligne son intégration dans un tissu urbain médiéval préservé. La ville, classée parmi les Plus Beaux Villages de France, doit une partie de son charme à ces demeures à colombages et à leurs décors sculptés. L’inscription au titre des monuments historiques en 1930 a permis de sauvegarder ce patrimoine, malgré les aléas des conflits du XXe siècle. Les transformations ultérieures (hôtel-restaurant) témoignent d’une volonté de concilier préservation et usage contemporain.
Les sources disponibles (Wikipedia, Monumentum) confirment l’importance de ce monument dans le paysage architectural alsacien. Les éléments protégés — façade, oriel et toiture — mettent en valeur des techniques de construction caractéristiques, comme l’emploi de corbeaux sculptés ou de solives formant des caissons. Bien que l’intérieur ait été partiellement remanié, les vestiges anciens offrent un aperçu des aménagements domestiques de l’époque, des caves voûtées aux étages nobles ornés de bois sculpté.