Origine et histoire
La maison située au 4, place de la République à Rouffach (Haut-Rhin) est un édifice civil datant du 1er quart du XVIIe siècle. Elle se distingue par son portail daté de 1600, initialement placé sur une élévation antérieure avant d’être déplacé sur le mur-pignon. Ce portail, inscrit aux monuments historiques depuis 1929, arbore des têtes de lion sculptées, des motifs de ferronnerie, et une inscription apotropaïque gravée sur le linteau : « Que le seigneur protège l'entrée et la sortie, de ce jour jusqu'à l'éternité ». Les chambranles en bois et en pierre, ainsi que le balcon en fer forgé, reflètent des influences architecturales alsaciennes de l’époque.
L’élévation sur rue a subi des remaniements au XIXe siècle, notamment au niveau des ouvertures et du balcon, tandis que l’aile perpendiculaire conserve des fenêtres à chambranles moulurés et une porte datée. La maison illustre ainsi l’évolution des techniques constructives entre le début du XVIIe siècle et les modifications ultérieures. Son classement partiel (portail uniquement) souligne la valeur patrimoniale de cet élément, témoin des croyances et de l’artisanat local de l’époque moderne.
La marque de tâcheron visible sur le portail et les chaînes d’angle piquetées du mur-pignon rappellent les pratiques des artisans alsaciens, souvent organisés en corporations. Ces détails, combinés à la coursière (galerie couverte) côté cour, évoquent une maison bourgeoise ou artisanale, typique des villes prospères du Saint-Empire romain germanique, dont Rouffach faisait alors partie. La maison s’inscrit dans un contexte urbain marqué par la Reconstruction post-guerre de Trente Ans, bien que sa construction précède ce conflit.
La localisation exacte de la maison (4 place de la République) et son code Insee (68287) la situent dans le centre historique de Rouffach, une ville alsacienne connue pour son patrimoine médiéval et Renaissance. Le bâtiment, bien que partiellement protégé, participe à l’identité architecturale de la place, aux côtés d’autres monuments classés. Son balcon en fer forgé et ses fenêtres à chambranles témoignent d’un savoir-faire local, entre traditions gothiques tardives et premières influences baroques.
Les sources disponibles (Wikipedia, Monumentum, base Mérimée) confirment son inscription au titre des monuments historiques pour son portail de 1600, initialement associé à une autre maison (10 place de l’Église) avant d’être intégré à ce bâtiment. Cette mobilité d’éléments architecturaux, courante à l’époque, reflète les pratiques de réemploi et de valorisation des pièces sculptées. Aujourd’hui, la maison reste un exemple représentatif de l’habitat alsacien du début du XVIIe siècle, bien que son état actuel résulte de transformations ultérieures.
Le contexte historique de Rouffach au XVIIe siècle est marqué par son appartenance à la Décapole alsacienne, une alliance de villes libres sous protection impériale. La maison, construite durant cette période, pourrait avoir appartenu à un marchand, un artisan aisé ou un membre de l’administration locale. Les inscriptions apotropaïques, fréquentes en Alsace, trahissent des préoccupations religieuses dans une région souvent traversée par des conflits (guerre de Trente Ans, 1618–1648). Bien que la maison ne soit pas directement liée à un événement historique majeur, son architecture reflète les échanges culturels entre l’Allemagne, la Suisse et la France, caractéristiques de l’Alsace pré-révolutionnaire.