Origine et histoire
La maison située au 8, rue Weissgerber à Sainte-Marie-aux-Mines est un édifice emblématique du patrimoine architectural alsacien de la fin du XVIe siècle. Construite en 1596, comme l’atteste la date gravée sur le linteau de sa porte d’entrée, elle illustre le style Renaissance avec des éléments sculptés remarquables : pilastres ioniques, masques de lion, et un phylactère orné de la date de construction. La porte principale, classée monument historique depuis 1934, conserve un chambranle ouvragé surmonté d’une fenêtre à deux oculus, tandis que les fenêtres des étages, à meneaux et traverses moulurés, reflètent l’artisanat d’époque.
À l’origine, le bâtiment aurait abrité une auberge nommée À l’Ange, un lieu de passage et de sociabilité dans cette ville minière des Vosges. La structure, avec son pignon sur rue et sa cour arrière bordée par la rivière Lièpvrette, suggère une double vocation : commerciale (rez-de-chaussée ouvert sur la rue) et résidentielle (étages). Une niche extérieure, peut-être liée à un ancien puits ou une fontaine, et des lucarnes modernes ajoutées ultérieurement complètent ce tableau. Aujourd’hui, le site accueille un restaurant, Aux Mines d’Argent, perpétuant sa vocation d’accueil.
L’architecture combine des éléments défensifs et décoratifs, typiques des maisons bourgeoises ou artisanales de la région à cette période. Le mur-gouttereau postérieur, avec sa chaîne d’angle harpée, et les fenêtres en arc segmentaire ou rectangulaires, révèlent une construction soignée, adaptée au climat et aux ressources locales. La date 1596, répétée sur la façade, souligne l’importance symbolique de cette réalisation dans le contexte post-Renaissance alsacienne, marqué par des échanges culturels entre Allemagne et France.
Classée pour sa porte d’entrée et ses éléments sculptés, la maison témoigne aussi de l’histoire économique de Sainte-Marie-aux-Mines, ville liée à l’exploitation minière depuis le Moyen Âge. Son inscription au titre des monuments historiques en 1934 reflète la reconnaissance précoce de sa valeur patrimoniale, dans une région où les conflits du XXe siècle ont pu menacer ce type de patrimoine. Aujourd’hui, elle reste un repère visuel et historique dans le centre-ville, entre mémoire artisanale et adaptation contemporaine.