Frise chronologique
Seconde moitié du XIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Seconde moitié du XIIe siècle (≈ 1275)
Édification par la famille Fenasse
Vers 1300
Changement de propriétaire
Changement de propriétaire
Vers 1300 (≈ 1300)
Acquisition par la famille de l’évêque Béraud de Fargues
XIVe siècle
Confiscation
Confiscation
XIVe siècle (≈ 1450)
Condamnation des Fenasse pour catharisme
XVe siècle
Rénovations gothiques
Rénovations gothiques
XVe siècle (≈ 1550)
Ajout de la tourelle et nouvelles ouvertures
1791
Vente à un négociant
Vente à un négociant
1791 (≈ 1791)
Acquis par Étienne Lacombe
9 juin 1971
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
9 juin 1971 (≈ 1971)
Protection des façades et toitures
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures sur rues (cad. H1 558) : inscription par arrêté du 9 juin 1971
Personnages clés
| Guillaume Fenasse - Marchand et financier albigeois |
Propriétaire initial au XIIe siècle |
| Béraud de Fargues - Évêque d’Albi |
Propriétaire vers 1300 après confiscation |
| Pierre-Raimond de Rabastens - Sénéchal de Toulouse |
Propriétaire avant la Révolution |
| Étienne Lacombe - Négociant albigeois |
Acquéreur en 1791 |
Origine et histoire
L’hôtel de Fenasse, ou Maison romane, est un édifice emblématique de la deuxième moitié du XIIe siècle situé à Albi, à l’angle de la rue des Foissants et de la rue Saint-Étienne. Construit en pierre calcaire et brique, il se distingue par ses façades mêlant arcs romans et éléments gothiques, comme une tourelle hexagonale du XVe siècle. Ses matériaux – grès pour les colonnes et chapiteaux, pierre pour les impostes – révèlent des remaniements successifs, notamment aux XVe siècle avec l’ajout de la tour d’escalier en brique.
La maison fut initialement propriété de la famille Fenasse, riches marchands albigeois, jusqu’à leur condamnation pour catharisme au XIVe siècle. Confisquée, elle devint tour à tour la résidence d’un évêque (Béraud de Fargues), une demeure vicomtale, puis celle d’un sénéchal de Toulouse, avant d’être acquise en 1791 par le négociant Étienne Lacombe. Ses façades, marquées par des baies romanes sculptées (têtes grimaçantes, rinceaux) et des pans de bois, témoignent de son usage mixte : rez-de-chaussée commercial et étages réservés au logis.
Classée Monument Historique en 1971 pour ses façades et toitures, la maison illustre l’architecture civile médiévale albigeoise. Ses vestiges – portes en plein cintre, chapiteaux ornés, tourelle gothique – et son histoire liée aux élites locales (marchands, clergé, noblesse) en font un témoin clé de l’évolution urbaine d’Albi. Les archives mentionnent une cave, trois étages, et des aménagements comme un puits ou une écurie, reflétant son statut de palais urbain.
Son décor sculpté, proche des églises Saint-Salvi ou Saint-Michel de Lescure (milieu XIIe), suggère une datation haute. La porte principale, sur la rue Saint-Étienne, arborait un arc à deux rouleaux orné, tandis que la façade secondaire (rue des Foissants) servait d’accès secondaire vers une cour intérieure. Les remaniements du XVe siècle, comme les croisées et la tour, répondirent à des besoins défensifs et résidentiels, marquant la transition entre roman et gothique.
Aujourd’hui, le rez-de-chaussée abrite des commerces, tandis que les étages conservent des traces des logis médiévaux. Son inscription à l’Inventaire des Monuments Historiques soulève son importance patrimoniale, liée à l’histoire économique et religieuse d’Albi, entre catharisme, pouvoir épiscopal et commerce florissant aux XIIe–XVe siècles.