Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Deux inscriptions de 1542 et 1739 encastrées dans la façade : inscription par arrêté du 3 juin 1932
Personnages clés
Seigneur de Ribeauvillé - Fondateur de l'hospice
Initiateur au XIVe siècle.
Spitalmeister - Maître de l'hospice
Responsable quotidien du fonctionnement.
Bourgeois de Ribeauvillé - Financeurs (1542)
Mentionnés dans l'inscription fondatrice.
Origine et histoire de la Maison, Place de l'Ancien-Hôpital
La maison située au 2 place de l'Ancien-Hôpital à Ribeauvillé est un bâtiment étroit et allongé, construit au 2e quart du XVIe siècle (1542) puis reconstruit au 2e quart du XVIIIe siècle (1739). Sa façade étroite, ornée de chaînes d'angle harpées et de plaques sculptées, domine la place. Une inscription de 1542 indique sa fondation comme hospice pour les pauvres, sous l'impulsion des bourgeois de la ville et du seigneur local. Le bâtiment abritait initialement des nécessiteux, dont des pèlerins, et dépendait de la communauté catholique, distincte de l'hospice protestant.
L'hôpital médiéval, attesté dès le XIVe siècle, était géré par un Spitalmeister (maître de l'hospice) sous le contrôle du Magistrat de Ribeauvillé. Une chapelle voisine, étudiée séparément, complétait cet ensemble caritatif. En 1739, une reconstruction totale est attestée par une seconde inscription, précisant : « Ce Spital a été entièrement rebâti sur son emplacement ancestral ». Le site fut vendu à des particuliers en 1830 après le transfert des activités hospitalières vers un nouveau bâtiment, aujourd'hui disparu.
Architecturalement, la maison présente un toit à croupe, des fenêtres rectangulaires, et un arc en sous-sol permettant le passage du ruisseau Stadtbach. Les inscriptions de 1542 et 1739, encastrées dans la façade, sont protégées depuis 1932 au titre des monuments historiques. Le cellier arrière et une dépendance en fond de parcelle (détruite) complétaient autrefois l'ensemble. Le bâtiment illustre l'évolution des structures caritatives en Alsace, entre Moyen Âge et époque moderne.
La gestion de l'hospice reflétait les divisions religieuses de Ribeauvillé : les catholiques et les protestants y maintenaient des institutions séparées. Le texte de 1542 souligne l'objectif « d'honorer Dieu et d'exercer la charité chrétienne », tandis que la marque de tâcheron sur l'inscription de 1739 évoque les artisans locaux. Après 1967, le site perdit sa vocation hospitalière pour devenir une habitation privée, conservant cependant ses éléments patrimoniaux remarquables.