Origine et histoire de la Maison, Rue du Bain-aux-Plantes
La maison au 40, rue du Bain-aux-Plantes est une maison à colombages alsacienne emblématique, construite en 1566 par le tanneur Michel Wittich dans le quartier historique de la Petite France à Strasbourg. Ce quartier, autrefois peuplé de tanneurs, meuniers et pêcheurs, exploitait les canaux de l'Ill, aujourd'hui classés au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1988. La maison, typique de la Renaissance strasbourgeoise, se distingue par ses poutres sculptées, son encorbellement, et son toit en tuiles alsaciennes.
Située à l'angle de la rue du Bain-aux-Plantes et de la rue des Moulins, elle dispose d'une façade sur le canal et d'un quai individuel près du pont du Faisan. La date de construction (1566) est gravée sur le poteau cornier, tandis qu'une inscription de 1742 sur le linteau témoigne de modifications ultérieures. Vendue et restaurée à plusieurs reprises, elle fut notamment propriété de la Fondation Johann Wolfgang von Goethe entre 1965 et 1995, qui y logea des étudiants.
L'architecture combine des éléments médiévaux et renaissants : oriel, fenêtres à meneaux, et vitraux. Les lettres « A N » accompagnées de l'année 1742 suggèrent une rénovation partielle. Le quartier, autrefois industriel, est aujourd'hui un lieu touristique majeur, préservant le patrimoine alsacien. La maison voisine la célèbre maison des Tanneurs et les ponts couverts, symboles de Strasbourg.
Johann Wolfgang von Goethe, bien que n'ayant pas vécu dans cette maison, y est associé via la fondation éponyme. Il étudia brièvement le droit à Strasbourg (1769–1771) et y vécut une idylle avec Frédérique Brion, immortalisée par son œuvre. La fondation, créée en 1968 par l'entrepreneur Alfred Toepfer, restaura le bâtiment pour en faire un logement étudiant luxueux avant sa revente.
Classée monument historique depuis le 10 novembre 1927, la maison illustre l'évolution architecturale et sociale de Strasbourg, entre artisanat médiéval et prestige renaissant. Son emplacement sur la Grande Île, classée à l'UNESCO, en fait un témoin privilégié de l'histoire alsacienne, entre héritage germanique et influence française.