Origine et histoire de la Maison, Grand-Rue
La maison au 46 Grand-Rue, située à Bouxwiller (Bas-Rhin, Grand Est), est un monument historique inscrit depuis le 16 octobre 1930, notamment pour son oriel (logette d’angle) richement sculpté. Ce bâtiment à deux corps, aux niveaux légèrement décalés, mêle maçonnerie crépie du XVIe siècle et adjonctions ultérieures en pan de bois. L’oriel, de plan rectangulaire surmonté d’une flèche en ardoise, arbore des motifs symboliques (pampres de vigne, lion, aigle, coq) et des éléments décoratifs (masques feuillus, tête d’ange). La date de 1613, gravée sur la logette, marque une phase de surélévation du corps sud, avec réemploi de matériaux plus anciens.
L’origine du gros-œuvre remonte partiellement à 1558, année attestée par une inscription (aujourd’hui altérée) sur la porte de la cave, relevée en 1873 par l’historien local K. Weysser. Le rez-de-chaussée nord, moderne, contraste avec le premier étage conservant une fenêtre moulurée du XVIe siècle et des traces de corniche en grès. Le deuxième étage, en pan de bois crépi, témoigne de remaniements indatés. La cave demi-enterrée, aux chambranles restaurés, et les soupiraux révèlent des aménagements successifs, reflétant l’évolution des usages domestiques en Alsace à l’époque moderne.
Architecturalement, la maison illustre la transition entre Renaissance et période classique, avec des techniques mixtes (pierres piquetées, colombages) typiques de la région. Les écus superposés réemployés comme linteau évoquent un statut social élevé des propriétaires, peut-être liés à la noblesse locale ou à la bourgeoisie marchande de Bouxwiller, ville alors sous influence des Seigneurs de Lichtenberg puis des Hanau-Lichtenberg. L’inscription au titre des monuments historiques vise à préserver cet exemple d’habitat urbain alsacien, marqué par des décors symboliques et une structure adaptative.