Frise chronologique
1927
Début de la construction
Début de la construction
1927 (≈ 1927)
Lancement des travaux par Jusserand.
1929
Achèvement de l'immeuble
Achèvement de l'immeuble
1929 (≈ 1929)
Fin des travaux et inauguration.
5 mars 1998
Inscription aux Monuments historiques
Inscription aux Monuments historiques
5 mars 1998 (≈ 1998)
Protection des façades et décors intérieurs.
15 novembre 2019
Classement partiel
Classement partiel
15 novembre 2019 (≈ 2019)
Extension de la protection patrimoniale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures de l'immeuble, les halls et cages des deux escaliers, les distributions et décors intérieurs des appartements d'angle des premier et quatrième étages (cad. BV 180) : inscription par arrêté du 5 mars 1998 ; Les parties suivantes de la Maison bleue : l'ensemble des façades et toitures, les parties communes, à savoir les halls, y compris le vestibule de la rue d'Alsace, et les cages des deux escaliers, l'appartement d'angle du premier étage en totalité, sises 25 rue d'Alsace et 10 boulevard du Maréchal Foch, telles que délimitées en rouge sur le plan annexé à l'arrêté (cad. BV 180) : classement par arrêté du 15 novembre 2019
Personnages clés
| Roger Jusserand - Architecte |
Concepteur des plans inspirés de Sauvage. |
| Isidore Odorico - Mosaïste |
Auteur des décors en mosaïque Art déco. |
| Gabriel Créteau (ou Albert Crêteaux) - Maître d'ouvrage |
Commanditaire et promoteur de l'immeuble. |
| Henri Sauvage - Architecte inspirant |
Influence sur la structure en gradins. |
| André Mornet - Architecte |
Auteur de la vitrine disparue (chemises Eddy). |
Origine et histoire
La Maison Bleue est un immeuble d'habitation emblématique construit en 1929 à Angers, durant le 2e quart du XXe siècle. Il répondait à la croissance démographique de la ville au début du siècle. Commandité par le maître d’ouvrage Gabriel Créteau (ou Albert Crêteaux selon les sources), il fut conçu par l’architecte Roger Jusserand, inspiré par les idées de Henri Sauvage, notamment pour sa structure en gradins expérimentée à Paris. L’immeuble, premier à disposer d’un ascenseur à Angers, se distingue aussi par sa façade recouverte de mosaïques Art déco, l’une des plus vastes au monde.
Les décors intérieurs et extérieurs, réalisés en grès cérame, émail de Briare et pâte de verre, forment un dégradé de couleurs allant de l’ocre beige au bleu outremer. Les mosaïques, œuvre du mosaïste Isidore Odorico (et son frère selon certaines sources), ornent les 8 étages, les escaliers, les halls et même les salles de bains, avec des motifs géométriques et des fresques comme celles des perroquets. Les ferronneries, signées par les artisans Trébuchet et Saupin, complètent ce chef-d’œuvre, classé Monument historique en 1998 (inscription) et 2019 (classement partiel).
L’immeuble, situé au 25 rue d’Alsace et 10 boulevard Maréchal-Foch, symbolise l’audace architecturale des années 1920. Sa construction en béton armé, débutée en 1927, reflète les innovations techniques de l’époque, tandis que son décor global en fait une référence majeure de l’Art déco en Europe. Les entrepreneurs Fraillon, Durand et Lemare ont participé à sa réalisation, sous la direction de Crêteaux, homme d’affaires nantais lié aux Grands Hôtels du Val de Loire. Une vitrine disparue, signée par l’architecte André Mornet, complétait à l’origine cet ensemble exceptionnel.
La Maison Bleue est aujourd’hui reconnue comme un joyau du patrimoine angevin, illustrant le mariage entre fonctionnalité urbaine et art décoratif. Son ascenseur, ses balcons en fer forgé aux formes vives, et ses craquelures dorées en font un modèle unique. Les appartements d’angle, notamment ceux des 1er et 4e étages, sont protégés pour leurs décors intacts, tandis que les parties communes (halls, cages d’escalier) témoignent de la cohérence artistique du projet. L’influence de Sauvage sur Jusserand y est palpable, notamment dans la progression des ornements, des rez-de-chaussée aux étages supérieurs.
Classé parmi les monuments historiques français, l’immeuble doit sa renommée à la mosaïque d’Odorico, considérée comme une œuvre majeure dans l’histoire de l’art européen. Les matériaux utilisés – béton armé, grès cérame, émaux – et les techniques employées (dégradés de couleurs, motifs géométriques) en font un exemple abouti du style Art déco. Les frises, volutes dorées et faisceaux des étages supérieurs, associés aux balcons en rondins, soulignent son originalité. Bien que certains éléments (comme le portail de la rue d’Alsace) aient été restaurés récemment, l’authenticité globale du bâtiment reste préservée.