Frise chronologique
1543
Incendie de la parcelle
Incendie de la parcelle
1543 (≈ 1543)
Destruction du site avant construction.
1569
Siège de Nay par Jeanne d’Albret
Siège de Nay par Jeanne d’Albret
1569 (≈ 1569)
Confiscation de la maison inachevée.
1572
Mort de Jeanne d’Albret
Mort de Jeanne d’Albret
1572 (≈ 1572)
Restitution possible à Marie Sacaze.
1702
Tenue des États du Béarn
Tenue des États du Béarn
1702 (≈ 1702)
Prestige de la demeure.
1838
Rachat par la municipalité
Rachat par la municipalité
1838 (≈ 1838)
Sauvegarde avant démolition.
1994-1998
Restauration majeure
Restauration majeure
1994-1998 (≈ 1996)
Campagne primée en 1998.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Maison carrée ou de Jeanne d'Albret : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Pedro Sacaze - Marchand enrichi |
Propriétaire initial de la parcelle. |
| Marie Sacaze - Héritière et propriétaire |
Fille de Pedro, acheva la maison. |
| François de Béarn (capitaine Bonasse) - Commanditaire catholique |
Lança la construction, exilé en 1569. |
| Jeanne d’Albret - Reine de Navarre |
Confisqua la maison en 1569. |
| Charles Groët - Architecte du XIXe siècle |
Alerté sur son état en 1840. |
Origine et histoire
La Maison carrée est une demeure Renaissance construite dans la seconde moitié du XVIe siècle à Nay, dans les Pyrénées-Atlantiques. Son nom provient de la proportion carrée de sa façade, où la hauteur égale la longueur, et de ses ouvertures carrées uniques dans la région. Elle fut édifiée sur une parcelle appartenant initialement à Pedro Sacaze, un riche marchand ayant fait fortune grâce au commerce avec l'Espagne, notamment la teinture.
La construction débuta sous l’impulsion de François de Béarn, gendre de Pedro Sacaze, après un incendie en 1543. Cependant, les guerres de Religion interrompirent les travaux : François de Béarn, catholique, dut fuir Nay en 1569 lors du siège par Jeanne d’Albret, reine protestante de Navarre. Celle-ci confisqua la maison inachevée, qui devint temporairement la « Maison de Jeanne d’Albret ». Après sa mort en 1572, la propriété revint à Marie Sacaze, fille de Pedro, qui acheva probablement les travaux en utilisant du bois pour compléter la façade initialement prévue en pierre.
L’architecture de la Maison carrée mêle influences italiennes et béarnaises, avec des loggias, un escalier monumental en façade, et une cour intérieure inspirée des patios antiques. La façade sur rue, ornée de grandes fenêtres à meneaux et de médaillons représentant Pedro Sacaze et son épouse, reflète le prestige de ses propriétaires. À l’intérieur, des cheminées sculptées, des plafonds ouvragés et des mosaïques de galets témoignent d’un confort rare pour l’époque. La maison déclina au XVIIIe siècle avant d’être sauvée in extremis en 1838 par une campagne de restauration.
Au XIXe siècle, l’état de dégradation de la Maison carrée alarma les autorités : la cour, transformée en dépotoir, et les galeries menaçantes nécessitèrent une intervention urgente. Rachat par la municipalité en 1838, l’édifice fut restauré entre 1994 et 1998 sous la direction des Monuments historiques, révélant des éléments originaux comme les colonnades inachevées ou les angelots des cheminées. Cette restauration, primée en 1998, permit de redonner à la maison son éclat d’antan.
Aujourd’hui, la Maison carrée abrite un musée consacré à l’histoire industrielle et rurale du Béarn, exposant plus de 2 000 objets liés au textile, à l’ébénisterie, au pastoralisme et à la vie domestique. Classée Monument historique dès 1862, elle illustre à la fois le faste des marchands de la Renaissance et les bouleversements des guerres de Religion en Béarn. Son escalier extérieur, ses médaillons sculptés et ses galeries voûtées en font un joyau architectural unique en Nouvelle-Aquitaine.