Origine et histoire de la Maison Cavaignac
La maison Cavaignac, située au 15 rue du Docteur-Massénat à Brive-la-Gaillarde (Corrèze, Nouvelle-Aquitaine), trouve ses origines dans un couvent de Clarisses fondé en 1243 par les vicomtes de Turenne. Installé initialement hors des murs de la ville, le couvent fut détruit en 1587 pendant les guerres de Religion. Les religieuses se réfugient alors à l’intérieur des remparts, occupant des bâtiments existants qu’elles modifient progressivement. Le bâtiment actuel, construit après les guerres de Religion sous Louis XIII, servait de logis à la mère supérieure.
Le couvent, ruiné par la faillite de Law en 1720, est fusionné en 1760 avec les bénédictines de Bonnesaigne. À la Révolution, les religieuses sont expulsées en 1791, et le site devient un bien national. Une partie des locaux est transformée en prison pour femmes, tandis que le logis de la supérieure est acheté en 1796 par Jean-Baptiste Cavaignac, lui donnant son nom actuel. La création de la rue Sainte-Claire (future rue Docteur-Massénat) en 1796 entraîne la destruction du cloître et de la chapelle.
Au XIXe siècle, le bâtiment abrite successivement le petit séminaire (1829-1850), puis devient le musée Ernest Rupin en 1892, dédié à l’histoire locale. En 1897, l’élargissement de la rue détruit l’ancien parloir, modifiant la distribution des ouvertures. Le portail de la chapelle des Franciscains (XIIIe siècle), sauvé de la destruction de leur couvent en 1930, est remonté contre le pignon du jardin. Classé monument historique en 1927, le bâtiment abrite aujourd’hui les archives municipales après le transfert du musée en 1989.
Architecturalement, la maison Cavaignac se distingue par ses deux corps de bâtiment en équerre, reliés par une tour d’escalier ronde coiffée d’un toit conique. Les façades en grès local (brasier) présentent des lucarnes à frontons cintrés typiques du XVIIe siècle briviste. Le rez-de-chaussée, percé de trois arcades, donnait accès au cloître. Les transformations des XIXe et XXe siècles (destruction de l’escalier du XVIIe siècle en 1983, modification des baies) ont altéré certains éléments originels, mais le portail franciscain et les baies à remplages du XIIIe siècle subsistent comme témoignages des phases médiévales du site.
Le site illustre les réutilisations successives d’un patrimoine religieux : couvent, prison révolutionnaire, établissement scolaire, musée, puis archives. Son histoire reflète les bouleversements politiques (Révolution, lois sur les biens nationaux), économiques (faillite de Law) et urbains (percements de rues) qui ont marqué Brive-la-Gaillarde du Moyen Âge à l’époque contemporaine.