Frise chronologique
1895
Achat des parcelles
Achat des parcelles
1895 (≈ 1895)
Louis Coilliot acquiert le terrain rue de Fleurus.
1898-1900
Construction de la maison
Construction de la maison
1898-1900 (≈ 1899)
Réalisation par Hector Guimard pour Coilliot.
16 mars 1977
Classement monument historique
Classement monument historique
16 mars 1977 (≈ 1977)
Protection de la façade et toiture rue de Fleurus.
juillet 2008
Cession des bâtiments arrière
Cession des bâtiments arrière
juillet 2008 (≈ 2008)
Vente à des promoteurs immobiliers.
13 mai 2009
Inscription des bâtiments arrière
Inscription des bâtiments arrière
13 mai 2009 (≈ 2009)
Protection des ateliers et immeuble rue Fabricy.
2011
Restauration de l’immeuble Fabricy
Restauration de l’immeuble Fabricy
2011 (≈ 2011)
Travaux de conservation des décors intérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures des bâtiments sur rue et sur cour sis aux n°s 13, 15, 17, rue Fabricy, et, en totalité, les rez-de-chaussée, premier et deuxième étages des mêmes bâtiments avec leurs décors intérieurs, et les ateliers (cad. OS 145) : inscription par arrêté du 13 mai 2009
Personnages clés
| Hector Guimard - Architecte |
Concepteur de la maison, figure majeure de l’Art nouveau. |
| Louis Coilliot - Entrepreneur en céramique |
Commanditaire et propriétaire, promoteur de la lave émaillée. |
| Jean-Baptiste Coilliot - Père de Louis Coilliot |
Fondateur de l’entreprise de matériaux, prédécesseur de Louis. |
Origine et histoire
La maison Coilliot est une réalisation emblématique de l’Art nouveau, conçue par l’architecte Hector Guimard entre 1898 et 1900 pour Louis Coilliot, entrepreneur en céramique lillois. Située au 14 rue de Fleurus à Lille, elle servait à la fois de vitrine commerciale pour l’entreprise Coilliot et de résidence familiale. Sa façade asymétrique, ornée de lave émaillée verte et de céramiques, ainsi que ses balcons superposés, illustrent l’audace stylistique de Guimard. Le hall d’entrée, marqué par des boutons de porte moulés à l’empreinte de sa main, et les cheminées en céramique de Longwy des salons témoignent d’un savoir-faire artisanal exceptionnel.
À l’arrière, Louis Coilliot fit ériger des bâtiments utilitaires (écuries, entrepôts, immeuble de rapport) en béton armé, technique innovante pour l’époque, signée Hennebique. Ces constructions, accessibles par la rue Fabricy, complétaient l’ensemble industriel et résidentiel. La maison fut classée monument historique en 1977, tandis que les bâtiments arrière, menacés par des projets immobiliers, furent inscrits en 2009 grâce à l’intervention de l’association Renaissance du Lille Ancien. Leur restauration en 2011 permit de préserver les décors intérieurs, comme les lambris en céramique représentant mousquetaires et saisons.
La maison Coilliot incarne la rencontre entre innovation industrielle et art décoratif. Louis Coilliot, fournisseur de la maison Gillet, y promut la lave émaillée, un matériau durable et esthétique. Hector Guimard, alors en début de carrière, y expérimenta des formes organiques et des matériaux hybrides (pierre, brique, fer forgé), préfigurant ses futures réalisations parisiennes. Le bâtiment de la rue Fabricy, plus sobre, contraste avec l’exubérance de la façade principale, reflétant la dualité entre espace public et privé.
Classée parmi les premiers monuments Art nouveau protégés en France, la maison Coilliot illustre le dynamisme économique de Lille à la Belle Époque. La ville, alors en pleine expansion industrielle, voyait fleurir des commandes architecturales ambitieuses, portées par une bourgeoisie entrepreneuriale. Aujourd’hui, le site, desservi par le métro République - Beaux-Arts, reste un témoignage rare de l’alliance entre patrimoine industriel et création artistique, ouvert à la visite pour son intérieur préservé.