Construction de la maison XIIIe siècle (≈ 1350)
Édification initiale avec arcs brisés
1659
Annexion du Roussillon
Annexion du Roussillon 1659 (≈ 1659)
Contexte des rébellions post-traité
1965
Protection du monument
Protection du monument 1965 (≈ 1965)
Inscription façade et toiture
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade sur rue et toiture correspondante (cad. B 55) : inscription par arrêté du 21 octobre 1965
Personnages clés
Inès de Llad - Figure historique locale
Déjoua le complot contre la garnison
Père d'Inès de Llad - Chef conjuré présumé
Exécuté pour trahison en 1674
Origine et histoire
La maison d'Inès de Llad, située rue Saint-Jean à Villefranche-de-Conflent, date du XIIIe siècle et présente une façade caractéristique de cette époque. À sa base, deux arcs brisés en pierre finement appareillée, séparés par un trumeau, dominent l'entrée. Ces éléments architecturaux, dépourvus de chanfrein, contrastent avec les étages supérieurs construits en matériaux plus modestes. Un linteau en marbre rose, vestige d'une ancienne fenêtre géminée, subsiste entre les deux baies, soulignant le soin apporté à la construction initiale.
Quinze ans après l'annexion du Roussillon à la France (1659), cette maison devint le lieu de réunion des conjurés Miquelets ou Angelets, des montagnards révoltés contre l'occupation française. Inès de Llad, âgée de dix-huit ans, y déjoua un complot visant à massacrer la garnison locale. Éprise d'un officier français, elle révéla le projet aux autorités. Son père fut exécuté pour trahison, et sa famille s'exila en Espagne. La façade et la toiture, protégées depuis 1965, rappellent aujourd'hui cet épisode dramatique de l'histoire locale.
L'édifice illustre les tensions persistantes après le traité des Pyrénées (1659), où la population catalane, divisée entre loyauté à la Couronne française et résistance, utilisait des lieux discrets comme cette maison pour organiser ses actions. L'architecture, mêlant pierre de taille et matériaux modestes, reflète aussi les hiérarchies sociales de l'époque, entre élites urbaines et populations rurales. La protection du monument en 1965 souligne son importance patrimoniale, à la fois architecturale et mémorielle.