Frise chronologique
XVe siècle (première moitié)
Construction initiale
Construction initiale
XVe siècle (première moitié) (≈ 1550)
Maison construite pour un riche marchand.
XVIe siècle
Rénovation façade nord
Rénovation façade nord
XVIe siècle (≈ 1650)
Ajout de fenêtres et décors Renaissance.
XVIIIe siècle
Revêtement en ardoise
Revêtement en ardoise
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Façade recouverte, porte centrale déplacée.
20 janvier 1926
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
20 janvier 1926 (≈ 1926)
Inscription partielle (façade uniquement).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La façade de la maison en bois située sur la grande place près de l'église : inscription par arrêté du 20 janvier 1926
Personnages clés
| Information non disponible - Propriétaire ou commanditaire inconnu |
Aucun nom cité dans les sources. |
Origine et histoire
La maison de bois située 8 place du Martray à La Roche-Derrien (aujourd’hui intégrée à la commune de La Roche-Jaudy) est un logis du XVIe siècle, représentatif de l’architecture civile bretonne de la Renaissance. Sa structure en pans de bois, partiellement masquée par des ardoises disposées en motifs décoratifs, comprend deux étages en encorbellement surplombant un rez-de-chaussée autrefois dédié au commerce. La sablière du deuxième étage, moulurée et ornée de godrons inspirés du vocabulaire Renaissance, témoigne des remaniements esthétiques du XVIe siècle. Une restauration récente a permis de retrouver la structure d’origine de la façade, autrefois entièrement recouverte d’ardoises selon les goûts du XVIIIe siècle.
À l’origine, la maison abritait probablement un riche marchand, comme en attestent son emplacement central sur la place du Martray et son organisation spatiale séparant les zones commerciales (boutique au rez-de-chaussée) et résidentielles (étages supérieurs). L’escalier en vis, accolé au mur est, desservait des pièces identiques à chaque niveau, avec une cheminée par étage. Le pignon sud ouvrait sur une cour dotée d’une dépendance, peut-être une écurie. Au XVIe siècle, des modifications ont ajouté des fenêtres aux étages et enrichi les décors, tandis qu’au XVIIIe siècle, le revêtement en ardoise a remplacé le pan-de-bois apparent, supprimant également l’étal commercial d’origine.
La maison est partiellement classée Monument Historique depuis le 20 janvier 1926, avec une protection limitée à sa façade. Son histoire reflète les évolutions architecturales et sociales de La Roche-Derrien, ancienne cité marchande bretonne. Les transformations successives — percements de portes, modification des baies, ou adjonction d’une maison voisine au XVIe siècle — illustrent son adaptation aux besoins de ses occupants, tout en conservant des éléments Renaissance remarquables comme les godrons ou la charpente à croix de Saint-André.
Aujourd’hui, la maison se distingue par son mélange de techniques constructives (bois, pierre, ardoise) et son rôle dans le patrimoine bâti des Côtes-d’Armor. Bien que son adresse officielle soit parfois confondue entre le n°2 et le n°8 de la place du Martray, les sources (Mérimée, Monumentum) s’accordent sur son importance comme témoin de l’habitat urbain breton entre Moyen Âge et époque moderne. Son état actuel résulte à la fois de restaurations contemporaines et de strates historiques visibles, comme la porte centrale initiale, déplacée latéralement au XVIIIe siècle.