Origine et histoire de La Maison de l'Aventure industrielle Usine du May
L’usine du May, située dans la vallée des Usines à Thiers (Auvergne-Rhône-Alpes), est une ancienne manufacture de coutellerie construite à la fin du XIXe siècle. Elle remplace des ateliers médiévaux, dont un rouet à émoudre attesté dès 1476 près du « rocher de l’enfer », lieu légendaire lié au martyr de Saint Genès. En 1890, une usine moderne en granite et brique est édifiée, équipée de systèmes hydrauliques exploitant la Durolle. Une passerelle relie alors l’atelier à l’avenue Joseph-Claussat, facilitant l’accès des ouvriers et des marchandises.
En 1900, l’entreprise Grange Jeune J. Lepage successeur ferme, et l’usine est divisée en ateliers loués à des artisans couteliers. Au XXe siècle, elle passe à l’électricité (dès 1903), abandonnant progressivement la force hydraulique. Les crues de la Durolle et la modernisation industrielle entraînent sa fermeture définitive dans les années 1960. Rachatée par la mairie de Thiers dans les années 1980, elle est classée monument historique en 2002 et réhabilitée en 2009 pour devenir la Maison de l’Aventure Industrielle, dédiée à l’histoire de la coutellerie.
Depuis 2015, l’usine accueille des expositions culturelles gratuites, des résidences d’artistes et des événements. Son architecture industrielle, marquée par des briques, du granite et des passerelles métalliques, est mise en valeur par des illuminations nocturnes. Le site conserve des vestiges hydrauliques (turbine, sol vitré sur la Durolle) et des éléments d’origine comme les poulies et la cage d’escalier. En 2011, il reçoit le Ruban du Patrimoine pour sa rénovation (2,17 millions d’euros).
L’usine du May est indissociable de la vallée des Usines, cœur historique de la coutellerie thiernoise depuis le Moyen Âge. Dès le XIIe siècle, un quart de la population travaillait dans ce secteur, exportant des couteaux en Europe et au-delà. La Durolle, torrent capricieux, a façonné l’industrie locale : son débit irrégulier a poussé les usines à s’électrifier au début du XXe siècle. Aujourd’hui, le site symbolise la transition entre patrimoine industriel et dynamisme culturel, avec des œuvres comme le Pont-Épée (1985) de l’artiste George Trakas.
L’administration du lieu est assurée par la mairie de Thiers, via deux adjoints dédiés au patrimoine et à la culture. La fréquentation, en hausse (2 500 à 4 000 visiteurs/an), bénéficie d’une politique tarifaire gratuite depuis 2015. L’usine inspire aussi les arts : peinte par Mireille Fustier (2017), citée dans La Ville noire de George Sand (1860), et cadre du clip Là-haut du groupe L’Impératrice (2019).