Origine et histoire de la Maison de l'Empereur
La Maison de l'Empereur de l'île d'Aix, construite entre 1808 et 1809, fut initialement édifiée pour servir de résidence au commandant de la place. Napoléon Ier y séjourna du 8 au 15 juillet 1815, après sa défaite à Waterloo, avant de se rendre aux Anglais. Cette maison, située dans le « bourg » de l'île, se distingue par son architecture imposante, contrastant avec les modestes maisons de pêcheurs environnantes. Une plaque commémorative, ajoutée sous le Second Empire, rend hommage à l’Empereur avec une inscription solennelle.
Napoléon occupa une chambre aux tentures jaunes, choisie pour ses multiples issues et sa vue sur la rade des Basques. C’est dans cette pièce qu’il rédigea, le 13 juillet 1815, sa lettre de reddition au prince-régent d’Angleterre, un document historique dont le brouillon est aujourd’hui exposé. Accompagné de ses fidèles (Bertrand, Gourgaud, Savary, etc.), il quitta définitivement la France depuis l’île d’Aix, marquant la fin de son règne et le début de son exil à Sainte-Hélène.
La maison devint un musée en 1928 grâce à l’initiative du baron Napoléon Gourgaud, arrière-petit-fils du général Gaspard Gourgaud, compagnon de Napoléon. Avec son épouse Eva Gebhard, il acquit la propriété en 1926 et y rassembla une collection d’objets napoléoniens : mobilier, armes, portraits, et pendules arrêtées à l’heure de la mort de l’Empereur. Classée Monument historique en 1925 (maison) et 1934 (jardins), la demeure abrite aussi un frêne greffé par Napoléon, encore vivant aujourd’hui.
Le musée, donné à l’État en 1933, est aujourd’hui rattaché aux Musées nationaux napoléoniens. Ses collections incluent des œuvres d’artistes renommés (Isabey, Chinard, Girodet-Trioson) et des documents rares, comme le journal de bord de La Saale, frégate ayant transporté Napoléon. Une salle est dédiée à la famille Gourgaud, mécène du projet, avec des photographies et un liber amicorum contenant un dessin de Matisse.
Les jardins, classés en 1934, entourent la maison et abritent deux espaces murés : l’un de 700 m2 attenant à la chambre de Napoléon, l’autre de 1 040 m2 près du Musée africain voisin. Ces espaces, ainsi que la façade ornée d’un aigle impérial, témoignent de l’héritage napoléonien préservé sur l’île. Le musée, accessible à pied depuis le débarcadère, perpétue la mémoire de l’épopée et de la chute de l’Empereur.