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Frise chronologique
vers 1640
Construction de la maison
Construction de la maison
vers 1640 (≈ 1640)
Bâtie par Joannot de Haraneder, armateur basque.
9 juin 1660
Mariage de Louis XIV et Marie-Thérèse
Mariage de Louis XIV et Marie-Thérèse
9 juin 1660 (≈ 1660)
Cérémonie en l’église Saint-Jean-Baptiste.
1701
Séjour des ducs de Bourgogne et de Berry
Séjour des ducs de Bourgogne et de Berry
1701 (≈ 1701)
Petits-fils de Louis XIV en route pour Madrid.
1854
Visite de Napoléon III et Eugénie
Visite de Napoléon III et Eugénie
1854 (≈ 1854)
Séjour lors d’un voyage officiel.
4 juin 1925
Inscription des façades
Inscription des façades
4 juin 1925 (≈ 1925)
Protection au titre des monuments historiques.
1992
Classement de l’ensemble
Classement de l’ensemble
1992 (≈ 1992)
Extension de la protection patrimoniale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades : inscription par arrêté du 4 juin 1925
Personnages clés
| Marie-Thérèse d'Espagne - Infante d’Espagne, épouse de Louis XIV |
Séjourna en 1660 avant son mariage. |
| Louis XIV - Roi de France |
Épousa Marie-Thérèse dans la ville. |
| Joannot de Haraneder - Armateur basque, constructeur |
Propriétaire initial vers 1640. |
| Duc de Bourgogne - Petit-fils de Louis XIV |
Séjourna en 1701 avec son frère. |
| Napoléon III - Empereur des Français |
Visita la maison en 1854. |
Origine et histoire
La maison de l'Infante, aussi appelée maison Joanoenia, est une demeure historique construite vers 1640 par l'armateur basque Joannot de Haraneder. Située sur le port de Saint-Jean-de-Luz, elle se distingue par ses tours, ses façades en brique rose et pierre, et ses deux galeries à l'italienne à cinq arcades. Ce style architectural reflète l’influence des échanges maritimes et culturels de l’époque dans cette région portuaire du Pays basque.
En juin 1660, la maison accueille un événement majeur de l’histoire européenne : l’infante Marie-Thérèse d’Espagne, âgée de 22 ans, y séjourne avec la reine-mère Anne d’Autriche avant son mariage avec Louis XIV, célébré le 9 juin en l’église Saint-Jean-Baptiste. Les futurs époux, tous deux Habsbourgs par leur mère, y prient la veille au couvent des Récollets de Ciboure. La cérémonie est fastueuse, l’infante portant une robe de brocart d’argent et un manteau de velours violet semé de fleurs de lys d’or, symbole de l’alliance franco-espagnole.
La demeure conserve des éléments remarquables comme l’antichambre du grand salon, dite « chambre de l’Infante », ornée d’une cheminée sculptée de dauphins couronnés et de têtes d’angelots du XVIIe siècle. Un décor de poutres inspiré de l’école de Fontainebleau y représente des monstres mythiques et des fleurs exotiques. L’oratoire adjacent offre une vue sur le port et la Rhune, tandis qu’une inscription rappelle l’événement de 1660 : « L’infante je reçus l'an mil six cent soixante, on m'appelle depuis le château de l'infante ».
Au XVIIIe siècle, la maison accueille à nouveau des membres de la famille royale : en 1701, les petits-fils de Louis XIV, les ducs de Bourgogne et de Berry, y font étape lors de leur voyage vers Madrid pour accompagner leur frère, le roi Philippe V. Plus tard, en 1854, Napoléon III et l’impératrice Eugénie y séjournent, alors que la propriété appartient à l’avocat parisien Émile Pécarrère. Ces visites royales et impériales soulignent son importance historique et diplomatique.
Classée parmi les monuments historiques, la maison voit ses façades inscrites dès 1925, puis l’ensemble du bâtiment en 1992. Ce classement protège un patrimoine architectural unique, témoin des liens étroits entre la France, l’Espagne et le Pays basque, ainsi que des fastes de la monarchie sous l’Ancien Régime et le Second Empire.