Frise chronologique
22-23 juin 2019
Incendie destructeur
Incendie destructeur
22-23 juin 2019 (≈ 23)
Destruction majeure du bâtiment.
1457-1458
Construction initiale
Construction initiale
1457-1458 (≈ 1458)
Datation dendrochronologique de la maison.
1547
Extension nord
Extension nord
1547 (≈ 1547)
Construction d'un bâtiment adjacent.
1703-1704
Agrandissement nord-est
Agrandissement nord-est
1703-1704 (≈ 1704)
Liaison avec l'extension nord.
4 décembre 1961
Classement monument historique
Classement monument historique
4 décembre 1961 (≈ 1961)
Protection des façades et toitures.
25 juin 2019
Début des déblaiements
Début des déblaiements
25 juin 2019 (≈ 2019)
Récupération des éléments architecturaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures (cad. B 558) : classement par arrêté du 4 décembre 1961
Personnages clés
| Robinet Guérin - Propriétaire en 1518 |
Procureur-syndic (maire) de Dinan. |
Origine et histoire
La maison de la Mère Pourcel, située au n°3 de la place des Merciers à Dinan (Côtes-d’Armor), est une construction emblématique du XVe siècle, avec des extensions datées du XVIIIe siècle. Une datation par dendrochronologie a confirmé sa construction en 1458, tandis que son agrandissement nord, réalisé avec des bois abattus entre fin 1703 et début 1704, témoigne de son évolution architecturale. Classée monument historique en 1961 pour ses façades et toitures, elle était propriété de la ville et abritait un restaurant avant sa destruction par un incendie dans la nuit du 22 au 23 juin 2019. L’incendie, qui a mobilisé 84 sapeurs-pompiers et endommagé deux bâtiments voisins, a été circonscrit à 6 h du matin, mais a causé la perte majeure de ce patrimoine.
La maison, initialement appelée maison de Saint-Dinan, était un exemple remarquable d’architecture à pans de bois, avec des encorbellements, des claires-voies, et des éléments décoratifs comme des écoinçons en accolade. Son plan comprenait une partie boutique au rez-de-chaussée, une cour à l’ouest, et des dépendances mitoyennes des anciennes halles. Des modifications internes, notamment au XVIIIe siècle, reflètent son adaptation à des usages locatifs multiples. Un escalier en vis en pierre dans la cave, peut-être issu d’un état antérieur, et un escalier en bois en remploi soulèvent des questions sur les phases de construction antérieures.
Le diagnostic archéologique de 2021 a révélé plusieurs phases de construction : un premier édifice hypothétique, la maison de Saint-Dinan bâtie en 1457/58 par Robinet Guérin (alors procureur-syndic de Dinan), une extension nord en 1547, et un agrandissement en 1703/04. Après son acquisition par la mairie en 1934, deux campagnes de restauration (années 1930 et post-classement en 1961) ont visé à préserver son authenticité, comme la suppression des enduits de façade ou la restauration des fenêtres à claire-voie. Malgré l’incendie de 2019, la volonté de reconstruction, soutenue par la région Bretagne et la Fondation du Patrimoine, témoigne de son importance pour la mémoire locale.
L’îlot du Vieux Dinan, dont fait partie la Mère Pourcel, illustre l’évolution urbaine médiévale et moderne de la ville. La disparition du quartier de la Voûte a dégagé sa façade orientale, révélant son intégration dans un tissu urbain autrefois plus dense. Les cheminées, décorées de piédroits chanfreinés, et les modifications des XVIe et XVIIIe siècles (comme la pétrification partielle de la façade sud) reflètent les adaptations successives du bâtiment. Des fragments de papier peint du XVIIIe siècle, découverts lors d’études, évoquent son occupation domestique.
L’incendie de 2019 a marqué un tournant dans l’histoire du monument. Le maire de Dinan a annoncé un projet de reconstruction, s’appuyant sur un appel aux dons et des partenariats institutionnels. Les travaux de déblaiement, débutés le 25 juin 2019, ont cherché à sauver les éléments architecturaux encore intacts. Bien que le bâtiment ait été gravement endommagé, son classement et son statut de propriété communale en font un symbole de la résilience patrimoniale bretonne.