Origine et histoire de la Maison de la Reine-Jeanne
La maison de la Reine-Jeanne est un bâtiment emblématique de style Renaissance maniériste, situé à Pertuis, dans le département de Vaucluse. Construite à la fin du XVIe siècle, son origine exacte et son commanditaire restent inconnus. Malgré son inscription aux monuments historiques en 1931, son histoire conserve des zones d’ombre, notamment en raison d’un incendie dans les années 1990 qui a endommagé une partie de la structure, dont l’escalier d’accès aux étages. Ce sinistre a motivé des travaux de restauration majeurs, incluant la toiture, les planchers et les caves, avec un projet de réhabilitation en logements (T2 et T3) lancé après une enquête publique en 2010.
Architecturalement, la maison se caractérise par une structure en « L » autour d’une cour intérieure, avec deux façades monumentales initialement prévues pour cinq travées. Le projet d’origine, inachevé, comprenait trois niveaux surmontés d’une génoise et d’une corniche, partiellement conservés aujourd’hui. Les façades, ornées de colonnades, contrastent avec un rez-de-chaussée sobre, où seuls les portails d’accès, encadrés de colonnes et surmontés de corniches, sont richement décorés. L’un de ces portails, situé au nord, donne accès à un vestibule menant à la cour intérieure et à l’escalier droit, élément clé de la circulation verticale.
La propriété de la maison est attestée entre les mains de la famille de Saint-Martin, juges royaux puis médecins de Pertuis, de 1567 à 1730. Bien que la date de construction exacte reste débattue (entre 1585-1590 ou 1613-1619 selon les sources), son acquisition par François et Simon de Saint-Martin coïncide avec une période de valorisation maximale du terrain au cadastre. Aujourd’hui, seuls les deux élévations sur rue subsistent, témoignant d’un édifice soit inachevé, soit profondément remanié au fil des siècles. Les éléments protégés depuis 1931 incluent la façade et les vantaux de la porte, soulignant son importance patrimoniale.
Située au 22 rue Beaujeu, la maison illustre l’architecture civile de la Renaissance provençale, mêlant influences maniéristes et fonctionnalité urbaine. Son état actuel, marqué par des restaurations récentes, reflète les efforts pour préserver ce patrimoine tout en l’adaptant à des usages contemporains, comme l’aménagement de logements. Le bâtiment reste un symbole de l’histoire locale, lié à une famille influente et à une époque de transition architecturale et sociale en Provence.