Frise chronologique
automne-hiver 1274-1275
Construction du premier étage
Construction du premier étage
automne-hiver 1274-1275 (≈ 1275)
Datation dendrochronologique des poutres.
automne-hiver 1278-1282
Achèvement de la maison-tour
Achèvement de la maison-tour
automne-hiver 1278-1282 (≈ 1280)
Poutres du second étage datées.
avant milieu XIVe siècle
Ajout du corps de logis nord
Ajout du corps de logis nord
avant milieu XIVe siècle (≈ 1450)
Extension postérieure identifiée par la frise.
XVe siècle
Transformation des fenêtres
Transformation des fenêtres
XVe siècle (≈ 1550)
Insertion de croisées à double traverse.
2 février 1925
Classement monument historique
Classement monument historique
2 février 1925 (≈ 1925)
Protection du corps principal sur rue.
2009
Étude archéologique et dendrochronologique
Étude archéologique et dendrochronologique
2009 (≈ 2009)
Diagnostic avant réaménagement en appartements.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le corps de bâtiment principal sur rue, à l'exception de l'escalier et des constructions adossées : classement par arrêté du 2 février 1925
Personnages clés
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte et théoricien |
Illustre la maison dans son *Dictionnaire* (1863). |
| Famille Missolières - Notables locaux (XVe siècle) |
Probables commanditaires des transformations. |
| Stéphane Thouin - Architecte en chef des monuments historiques |
Diagnostic architectural en 2009. |
| Gilles Séraphin - Architecte du patrimoine |
Étude archéologique de 2009. |
Origine et histoire
La maison de la Taverne est une habitation patricienne médiévale construite à Caussade dans le dernier quart du XIIIe siècle. Ce bâtiment, aussi appelé maison-tour, se distingue par son architecture en brique, typique des demeures urbaines du sud-ouest de la France. Initialement isolée, elle fut agrandie par un second corps de logis au nord avant le milieu du XIVe siècle, comme en témoigne la frise d’écus.
La maison a acquis une renommée particulière grâce à Eugène Viollet-le-Duc, qui l’a représentée dans son Dictionnaire raisonné de l’architecture française (1863) comme archétype des demeures médiévales. Classée monument historique en 1925, elle n’a fait l’objet d’études archéologiques approfondies qu’en 2009, à l’occasion d’un projet de réaménagement. Une analyse dendrochronologique a permis de dater précisément sa construction : les poutres des plafonds du premier étage remontent à 1274-1275, et celles du second étage à 1278-1282.
Les transformations majeures interviennent aux XVe et XVIe siècles. Au XVe siècle, les fenêtres du premier étage sont modifiées en croisées à double traverse, probablement sous l’impulsion de la famille Missolières, notable locale. Un escalier à l’italienne, ajouté au XVIe ou XVIIe siècle, dessert les trois étages habitables et le rez-de-chaussée, autrefois occupé par des boutiques. Les solives des plafonds conservent des traces de peintures murales du XVIe siècle, dont un personnage en surcot mi-parti rouge et jaune, coiffé d’un bonnet phrygien.
Le bâtiment initial, de forme trapézoïdale (7,50 à 9,40 m de largeur, 11 m de longueur, 16,10 m de hauteur), combine briques et éléments en pierre pour les bandeaux et colonnettes. La façade, couronnée d’un encorbellement de tuiles (« génoise »), illustre l’influence des techniques constructives méditerranéennes. Malgré son nom actuel de « Taverne », le monument était autrefois appelé « Maison des Veuves », sans que l’origine de ce changement ne soit connue.
Les peintures murales découvertes, bien que fragmentaires, révèlent un décor sophistiqué : entrelacs, rosaces et macarons dorés ornent les plafonds, tandis qu’un mur du premier étage conserve une figure humaine grandeur nature. Ces éléments, associés aux inscriptions illisibles, suggèrent un statut social élevé des occupants. La maison, aujourd’hui située au 21 rue de la République, reste un témoignage exceptionnel de l’architecture civile médiévale en Occitanie.