Origine et histoire de la Maison de la Toison d'Or
La maison de la Toison d'Or, située à Noyers-sur-Serein dans l'Yonne, est un édifice emblématique de la Renaissance bourguignonne, construit au 4e quart du XVIe siècle. Son nom évoque l'ordre prestigieux fondé en 1430 par Philippe le Bon, duc de Bourgogne, dont les membres, comme Régnier Pot et son petit-fils Philippe Pot, furent propriétaires des lieux. La façade, ornée de motifs sculptés (croix, tête d'ovin, angelots), symbolise la puissance ducale et la légende de Jason.
La tradition attribue la maison à Régnier Pot, seigneur de la Roche-Nolay et chevalier de la Toison d'Or, qui servit Philippe le Bon comme conseiller. À sa mort en 1432, elle passa à son petit-fils Philippe Pot, également chevalier de l'ordre et diplomate influent. Ce dernier, après avoir servi Charles le Téméraire, rallia Louis XI et devint grand sénéchal de Bourgogne. La façade actuelle, érigée sous son impulsion, célèbre l’héritage bourguignon.
Le bâtiment, de plan en U, se distingue par ses fenêtres à meneaux, sa tourelle d'escalier, et ses toits couverts de tuiles plates. Classé monument historique en 1925 (façades et mur de clôture) puis inscrit en 2005, il incarne l’histoire mouvementée de Noyers, ville stratégique entre Dijon et Paris pendant la guerre de Cent Ans. Les intérieurs conservent des lambris et un décor peint du XXe siècle.
La maison changea plusieurs fois de mains : elle appartint aux Condé (XVIe–XVIIe siècles), aux Dupotet de Brevan (XVIIIe), puis aux Ursulines (à partir de 1830) avant de revenir à des propriétaires privés en 1880. Son nom perpétue le souvenir des ducs de Bourgogne et de leur ordre chevaleresque, symbole de prestige en Europe médiévale.
Les sculptures de la façade, bien que partiellement endommagées (bûchées), évoquent des thèmes mythologiques et religieux. La tête d'ovin et les fruits rappellent la Toison d'Or, tandis que les masques et angelots ornent la lucarne. Ces éléments artistiques, combinés à l’histoire des Pot, font de cette demeure un témoignage unique de l’architecture et de la politique bourguignonnes.