Frise chronologique
1820
Construction de la maison
Construction de la maison
1820 (≈ 1820)
Édifiée par Florent-Auguste-Amant Lemercier-Lepré sur une closerie existante.
3 janvier 1862
Décès du commanditaire
Décès du commanditaire
3 janvier 1862 (≈ 1862)
Florent Lemercier-Lepré meurt sans héritier direct.
1905
Réoccupation temporaire
Réoccupation temporaire
1905 (≈ 1905)
Accueil de religieuses après la loi de séparation Église-État.
juillet 1944
Réquisition allemande
Réquisition allemande
juillet 1944 (≈ 1944)
Famille de la Masselière s’y réfugie brièvement.
années 1950-1960
Première restauration
Première restauration
années 1950-1960 (≈ 1955)
Menée par Pierre de la Martinière et son épouse.
1er mars 2007
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1er mars 2007 (≈ 2007)
Inscription des façades, toitures et éléments paysagers.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La tour d'observation en totalité ; les façades et toitures de la maison de maître et de ses dépendances ; les deux communs encadrant la maison ; les pavillons d'angle de la tour nord ; les murs de clôture de la cour nord, avec leurs trois portails ; les murs de soutènement de la terrasse sud avec son grand escalier ; les sols d'assiette du grand axe nord-sud (la grande allée entre la tour d'observation et la maison de maître ; la grande allée entre la maison de maître et le bois du domaine ; la cour nord et la terrasse sud ; les parcelles, au sud, de l'ancien jardin, avec son bassin circulaire, et de l'ancien verger, telles que délimitées sur le cadastre de 1830) (cad. AC 88, 89, 93, 94 ; B 276, 281) : inscription par arrêté du 1er mars 2007
Personnages clés
| Florent-Auguste-Amant Lemercier-Lepré - Commanditaire et propriétaire initial |
Fit construire la maison en 1820. |
| Jules Charlery de la Masselière - Propriétaire suivant (1862) |
Acheta la maison pour la condamner. |
| Pierre de la Martinière - Restaurateur (années 1950-1960) |
Menait les travaux avec son épouse. |
Origine et histoire
La maison de maître de la Charpenterie fut construite en 1820 par Florent-Auguste-Amant Lemercier-Lepré, issu d’une famille bourgeoise d’Angers. Ce dernier, héritier de terres à Cornillé-les-Caves, fit ériger cette demeure néo-classique sur l’emplacement d’une ancienne closerie du XVIIe siècle, la Charpenterie. Le projet reflétait son désir de posséder une résidence familiale prestigieuse, inspirée des hôtels particuliers parisiens du XVIIIe siècle, avec une symétrie rigoureuse entre cour d’honneur, corps central à fronton, et dépendances encadrantes. L’usage du tuffeau, pierre calcaire locale, permit des sculptures ornées (guirlandes, tourterelles, têtes féminines), évoquant une dédicace à l’Amour.
L’architecture de la Charpenterie rompt avec les hiérarchies traditionnelles : le corps principal et les dépendances (écurie, garage) partagent des matériaux nobles (pierre de taille, frontons), créant un effet de « décor de théâtre ». La façade sud, presque identique à celle du nord, présente une porte-fenêtre droite au premier étage pour éclairer la chambre du maître. Une terrasse en contrebas, encadrée par les ailes, évoque une villa palladienne, avec un bassin central et une perspective axiale vers une tour-lanterne dans le bois. Ce mélange de classicisme parisien et d’adaptations locales (tuffeau doré, ardoise bleue) en fait un témoignage unique du néo-classicisme provincial.
À la mort de Florent Lemercier-Lepré en 1862, la maison, sans héritier direct, fut vendue à Jules Charlery de la Masselière, propriétaire voisin. Ce dernier, animé par une inimitié tenace, condamna les accès et masqua la demeure derrière un rideau d’arbres pour la cacher, évitant ainsi sa démolition. Cet abandon paradoxal préserva l’édifice des transformations ultérieures. La Charpenterie connut deux brèves réoccupations : en 1905, comme refuge pour des religieuses expulsées après la loi de séparation de l’Église et de l’État, et en 1944, lors de la réquisition allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces épisodes inspirèrent sa restauration dans les années 1950-1960 par Pierre de la Martinière (gendre des Charlery), suivie d’une seconde campagne en 2005.
Classée Monument Historique en 2007, la Charpenterie doit sa survie à son isolement séculaire. Les éléments protégés incluent la tour d’observation, les façades et toitures, les communs, les murs de clôture, ainsi que les sols historiques (allées, cour, terrasse, jardin et verger du cadastre de 1830). Aujourd’hui propriété privée, elle illustre l’influence des modèles parisiens en province et le rôle des familles bourgeoises dans la diffusion des styles architecturaux au XIXe siècle.