Frise chronologique
1559
Premières traces du domaine
Premières traces du domaine
1559 (≈ 1559)
Closerie de 4-5 hectares et vignes mentionnées.
XVIe siècle
Transmission aux familles Le Tonnelier et Guilbault
Transmission aux familles Le Tonnelier et Guilbault
XVIe siècle (≈ 1650)
Alliances matrimoniales pour la propriété.
1821-1822
Construction de la maison actuelle
Construction de la maison actuelle
1821-1822 (≈ 1822)
Style néo-classique avec cour et pavillons.
15 février 2007
Inscription aux Monuments historiques
Inscription aux Monuments historiques
15 février 2007 (≈ 2007)
Protection des façades et intérieurs remarquables.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures du corps central du logis principal et des deux romaines qui y sont accolées ; les façades et les toitures des trois pavillons subsistants (le pavillon hexagonal ; les deux pavillons carrés en symétrie) ; l'ensemble du rez-de-chaussée du corps central du logis principal, à savoir la chambre aux papiers peints panoramiques, le vestibule et l'escalier principal avec leurs faux marbres, le salon octogone et le grand salon, la cuisine et l'escalier secondaire (cad. B 266 : pavillon hexagonal ; 378 : logis principal et les deux romaines ; 379, 380 : pavillons carrés) : inscription par arrêté du 15 février 2007
Personnages clés
| René François Charlery - Sénéchal et juge |
Officier au grenier à sel de Candé. |
| Jaquine Le Tonnelier - Héritière du domaine |
Épouse de Claude Guilbault, transmission familiale. |
| Marie-Jeanne Guilbault - Unique héritière |
Transmet la Masselière à Romain Charlery. |
| Jules Charlery - Héritier multiple |
Possède aussi Maunaie et Chartrené. |
Origine et histoire
La Masselière est une maison de maître néo-classique construite en 1822 à Cornillé-les-Caves, dans le département de Maine-et-Loire. Ce domaine, composé de terres agricoles, de bois et de zones humides, est géré depuis plus de quatre siècles par une même famille bourgeoise. Son architecture reflète l’ascension sociale d’une élite angevine pour qui la possession terrienne était un marqueur d’identité et de prestige, notamment à travers l’acquisition de sieuries (domaines roturiers sans droits seigneuriaux).
Le territoire de Cornillé-les-Caves, partagé depuis le XIIIe siècle entre les abbayes du Perray-neuf et du Ronceray, abritait aussi des terres bourgeoises. La Masselière, initialement propriété de la famille Marquis au XVIe siècle, passa successivement aux Le Tonnelier, Guilbault, puis aux Charlery via des alliances matrimoniales. Ces familles, souvent liées aux offices urbains (comme les Charlery, officiers au grenier à sel de Candé), utilisaient ces domaines pour assoir leur statut. La construction de 1822 s’inscrit dans cette logique de conquête terrienne par la bourgeoisie post-révolutionnaire.
La transmission du domaine illustre le rôle des femmes dans la préservation du patrimoine, bien que leur position sociale dépendît du mariage. Jaquine Le Tonnelier et Marie-Jeanne Guilbault, héritières successives, permirent à leurs époux (Claude Guilbault puis Romain Charlery) de devenir sieurs de la Masselière. Le domaine, toujours en mains privées, fut inscrit aux Monuments historiques en 2007 pour ses façades, toitures, et intérieurs remarquables (salons, escalier, papiers peints panoramiques).
Architecturalement, la Masselière combine un corps central flanqué de pavillons (hexagonal et carrés) et des bâtiments de service organisés autour d’une cour. Son style néo-classique et son programme partiellement réalisé témoignent des ambitions d’une bourgeoisie rurale en quête de légitimité. Le domaine, ouvert à des activités comme les chambres d’hôtes, reste un élément clé du patrimoine local, lié à l’histoire agricole et sociale de l’Anjou.