Origine et histoire de la Maison de Rémy Cogghe
La maison de Rémy Cogghe, située au 22 rue des Fleurs (aujourd’hui rue Rémy-Cogghe) à Roubaix, fut édifiée entre 1893 et 1897 par l’architecte Paul Destombes. Ce peintre belge, installé dans la région depuis son enfance, y conçut un espace à la fois habitation et atelier, reflétant son univers artistique. Le bâtiment, de style éclectique, se distingue par sa façade en briques rouges ornée de bas-reliefs d’angelots, symboles allégoriques liés à la peinture.
À l’intérieur, le salon conserve des décors peints par Cogghe : un plafond représentant des angelots sur fond de ciel bleu, ainsi que des toiles marouflées au-dessus de la cheminée et des portes. Ces œuvres, atypiques dans sa production habituellement réaliste et sociale, témoignent d’une recherche esthétique plus onirique. L’atelier sous les combles, où l’artiste réalisa nombre de ses tableaux, complète cet ensemble préservé.
Rémy Cogghe (1854–1935), formé aux Beaux-Arts de Paris et de Bruxelles, fut un chroniqueur visuel de la vie ouvrière et des traditions flamandes. Sa maison, classée Monument Historique en 1998, incarne à la fois son ancrage local et son rayonnement artistique. Les éléments protégés incluent la façade, la toiture, le salon décoré et l’atelier, soulignant l’importance patrimoniale de ce lieu.
Le peintre, connu pour ses scènes de combats de coqs, de jeux de bourles ou de fêtes populaires, puisa son inspiration dans le quotidien roubaisien. Son œuvre, entre naturalisme et vérisme, documente avec précision les mœurs et les paysages de la Flandre industrielle. La maison, aujourd’hui symbole de ce patrimoine, perpétue la mémoire d’un artiste majeur de la région.
La protection du monument en 1998 couvre spécifiquement la façade sur rue, la toiture, le salon avec ses décors peints, et l’atelier des combles. Ces dispositions préservent un témoignage unique de l’art et de l’architecture de la Belle Époque dans le Nord, tout en honorant l’héritage d’un peintre engagé dans la représentation de son temps.