Origine et histoire
L’ancien hôpital, puis hospice des Deux Augustins et maison de retraite de Plombières-les-Bains, est un édifice emblématique de la ville thermale. Construit au 2e quart du XXe siècle, il succède à plusieurs établissements hospitaliers fondés dès le XIVe siècle, dont un hôpital royal reconstruit en 1742 sous le duc de Lorraine Stanislas. L’ensemble actuel, inauguré en 1862 comme hôpital thermal grâce à Napoléon III, a évolué pour accueillir des curistes puis des personnes âgées jusqu’en 2009.
En 1936, la chapelle Saint-Charles, intégrée au bâtiment, est réaménagée avec un décor de mosaïques et fresques signé Gentil & Bourdet, inspiré par Franck Danis. Ce décor, similaire à celui de la buvette du Bain national, inclut des vitraux roses et mauves, ainsi que des représentations religieuses comme la Crucifixion ou saint Charles Borromée. La chapelle, voûtée en berceau, est classée monument historique depuis 2000 pour ses intérieurs.
L’architecture de l’ensemble, en grès vosgien, mêle un corps principal en U de 70 mètres et des ailes perpendiculaires, avec un pavillon d’isolement de style Art déco ajouté en 1925. Le site, situé rue Grillot, domine l’Augronne souterraine et joue un rôle central dans l’histoire thermale et sociale de Plombières. Après 2009, les locaux, rénovés, abritent des artisans et antiquaires sous le nom Clos des Deux Augustins.
L’histoire du lieu remonte à 1389, quand Ancel de Darnieulles fonde un premier hôpital pour les pauvres nécessitant des soins thermaux. Géré par les sœurs de Saint-Charles à partir de 1741, l’établissement devient hôpital militaire pendant la Révolution, puis hospice au XIXe siècle. Les ferronneries, signées A. Salin (Meuse), et les dons de la famille Husson marquent son évolution architecturale et fonctionnelle.
Le pavillon d’isolement de 1925, avec son laboratoire subventionné par l’Institut d’hydrologie de Paris, illustre l’adaptation du site aux besoins scientifiques et médicaux. La chapelle, cœur spirituel du complexe, reflète l’influence de Robert Danis, architecte des thermes locaux, via les dessins de son fils Franck. Aujourd’hui, le site témoigne de l’héritage thermal et caritatif de Plombières-les-Bains.