Frise chronologique
vers 1630
Construction initiale
Construction initiale
vers 1630 (≈ 1630)
Pour Pierre Bénicourt, proche de Richelieu.
1665
Vente après la mort de Bénicourt
Vente après la mort de Bénicourt
1665 (≈ 1665)
Acquise par Jean Goupil, secrétaire du roi.
1733
Achat par Thoynard de Jouy
Achat par Thoynard de Jouy
1733 (≈ 1733)
Découverte supposée des « oubliettes ».
1870
Dommages lors d'un conflit
Dommages lors d'un conflit
1870 (≈ 1870)
Seule l’aile nord subsiste.
27 février 2006
Classement monument historique
Classement monument historique
27 février 2006 (≈ 2006)
Façades, toitures et plafonds peints protégés.
2006
Transformation en Maison de la musique
Transformation en Maison de la musique
2006 (≈ 2006)
Réhabilitation après désaffectation scolaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La statue du XVIIIe siècle située dans le parc de l'immeuble : inscription par arrêté du 27 juin 1938 - Le cadran solaire, dans le parc municipal Richelieu : classement par arrêté du 9 septembre 1975 - Les façades et toitures de la maison, ainsi que les pièces du premier étage couvertes de plafonds peints "à la française" (cad. AB 40) : inscription par arrêté du 27 février 2006
Personnages clés
| Pierre Bénicourt (ou Bignicourt) - Entrepreneur des Armes et armées de France |
Premier propriétaire, proche de Richelieu. |
| Cardinal de Richelieu (1585-1642) - Ministre de Louis XIII |
Commanditaire supposé, lié aux légendes du lieu. |
| Jean Goupil - Conseiller-secrétaire du roi (1665) |
Acheteur de la maison après Bénicourt. |
| Barthélémy Thoynard de Jouy - Fermier général (1733) |
Propagea la légende des oubliettes. |
| Antoine Grimaldi - Duc de Valentinois, prince de Monaco (1696-1704) |
Propriétaire temporaire du domaine. |
Origine et histoire
La maison de Richelieu, située aux numéros 4 et 6 rue Étienne-Dolet à Bagneux, fut construite vers 1630 pour Pierre Bénicourt (ou Bignicourt), entrepreneur des Armes et armées de France et proche du cardinal de Richelieu. Ce quincaillier, également armurier du roi, aurait utilisé cette demeure pour des conférences secrètes, voire pour éliminer des témoins gênants selon des légendes persistantes. Le bâtiment, de style classique, comportait initialement un corps central encadré de deux ailes entourant une cour carrée, mais ne conserva après 1870 que l’aile nord, avec son escalier central à deux volées et une rampe partiellement originale.
En 1665, après la mort de Bénicourt, la propriété fut divisée : la maison fut vendue à Jean Goupil, secrétaire du roi, tandis que la partie sud échoit à François de Lantage. Au XVIIIe siècle, le fermier général Barthélémy Thoynard de Jouy acquit le domaine en 1733, alimentant les rumeurs sur les « oubliettes » de Richelieu après la découverte d’un puits contenant des ossements et objets. Ces récits, bien que contestés, marquèrent durablement l’histoire du lieu, associant la maison à des pratiques obscures du cardinal.
Au XIXe siècle, le bâtiment subit d’importantes transformations, perdant une grande partie de sa structure d’origine. En 1946, la municipalité de Bagneux racheta la propriété pour en faire une école maternelle, désaffectée en 2001. Des fouilles en 2004 révélèrent des plafonds peints du XVIIe siècle, rares en région parisienne, représentant des motifs de fruits, fleurs et rinceaux inspirés des modèles de la Renaissance. Ces découvertes conduisirent au classement des façades, toitures et plafonds en 2006, après celui du cadran solaire (1975) et de la statue Vénus et Cupidon (1938).
Le parc attenant, ouvert au public sur 18 000 m2, conserve des arbres centenaires et les vestiges de sculptures, dont un cadran solaire unique au monde, taillé dans un bloc de calcaire local avant 1718. Les grottes de rocaille et la plupart des statues (comme Mars et Vulcain, détruites à la Révolution) ont disparu, mais des éléments comme les pilastres et les bas-reliefs témoignent encore de son faste passé. Aujourd’hui, la maison abrite la Maison de la musique et de la danse, mêlant patrimoine historique et vie culturelle.
Les archives mentionnent également des propriétaires illustres, comme Antoine Grimaldi, duc de Valentinois et futur prince de Monaco (1696-1704), ou Louis Armand de Labriffe, cousin de Madame de Pompadour. La légende des « oubliettes » resurgit en 1984 avec la découverte d’un puits comblé dans le parc, mais aucune preuve tangible ne confirma les récits du XVIIIe siècle. Le site, propriété communale, reste un symbole des intrigues politiques du Grand Siècle et de l’architecture classique francilienne.