Frise chronologique
1290
Partage des compétences judiciaires
Partage des compétences judiciaires
1290 (≈ 1290)
Vigier : causes civiles ; Consulat : causes criminelles.
XIIIe siècle
Maison du Vigier
Maison du Vigier
XIIIe siècle (≈ 1350)
Siège du vigier, officier de justice ecclésiastique.
XVe siècle
Remaniement de l’étage
Remaniement de l’étage
XVe siècle (≈ 1550)
Fenêtres médiévales partiellement bouchées.
XVIe siècle
Construction de la maison actuelle
Construction de la maison actuelle
XVIe siècle (≈ 1650)
Édifice Renaissance avec escalier remarquable.
8 août 1923
Classement de l’escalier
Classement de l’escalier
8 août 1923 (≈ 1923)
Protection au titre des monuments historiques.
22 novembre 1938
Classement façades et toitures
Classement façades et toitures
22 novembre 1938 (≈ 1938)
Extension de la protection patrimoniale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures : inscription par arrêté du 22 novembre 1938
Personnages clés
| Hélie Vigier - Vigier de Périgueux (XIVe siècle) |
Donzel et officier de justice ecclésiastique. |
| Arlette Higounet-Nadal - Historienne (XXe siècle) |
A localisé la maison du Vigier. |
| Wlgrin de Taillefer - Antiquaire (XIXe siècle) |
Décrit la maison comme édifice du XIIe. |
Origine et histoire
La maison de Saint-Astier, située à Périgueux en Dordogne, est un édifice du XVIe siècle intégré dans le secteur sauvegardé du centre-ville. Elle abrite aujourd’hui l’école primaire privée Saint-Front, mais son histoire remonte au XIIIe siècle, lorsqu’elle servait d’hospitium au vigier du chapitre de Saint-Front, un officier chargé de rendre justice civile au nom des chanoines. Ce logis seigneurial, de plan rectangulaire, était alors un symbole du pouvoir judiciaire de l’abbaye dans le quartier du Puy-Saint-Front, en rivalité avec la justice consulaire.
Au XIIIe siècle, la maison, appelée maison du Vigier, était un lieu stratégique près de la place de la Clautre, entre les rues Aubergerie et Neuve. Elle comprenait une prison et un pilori, et son rez-de-chaussée s’ouvrait sur la rue par deux portails à oculus. La charge de vigier, héréditaire, était transmise au sein de familles comme les Vigier ou les Lachapelle. Des conflits avec le Consulat aboutirent en 1290 à une répartition des compétences : le vigier gérait les causes civiles, tandis que le Consulat traitait les affaires criminelles.
La maison actuelle, reconstruite au XVIe siècle, conserve des éléments médiévaux, comme des fenêtres bouchées du XVe siècle. Son escalier Renaissance, classé monument historique dès 1923, est un chef-d’œuvre architectural : il s’organise autour d’un jour central irrégulier, avec des colonnes superposées, des arcs rampants et des paliers à caissons sculptés. Les façades et toitures furent classées en 1938, soulignant la valeur patrimoniale de ce bâtiment mêlant héritage médiéval et Renaissance.
Les sources archéologiques et textuelles, comme les travaux d’Arlette Higounet-Nadal ou les registres du XIIIe siècle, permettent de situer précisément la maison à l’angle des rues du Calvaire et Saint-Roch. Son évolution reflète les transformations urbaines de Périgueux, entre pouvoir ecclésiastique, justice seigneuriale et adaptation aux besoins modernes, comme son usage actuel par l’école Saint-Joseph.