Origine et histoire de la Maison de Stéphane Mallarmé
La Maison de Mallarmé, musée départemental Stéphane Mallarmé, est installée dans la maison de villégiature du poète à Vulaines‑sur‑Seine (lieu‑dit Valvins) et dépend du Conseil départemental de Seine‑et‑Marne. Stéphane Mallarmé découvrit cette ancienne auberge en 1874, y loua deux pièces à l'étage accessibles par un escalier extérieur et y séjourna régulièrement avec sa famille ou seul jusqu'à sa mort en septembre 1898. Un marronnier blanc centenaire, planté vers 1880, accueille les visiteurs. En 1902 la maison fut acquise par Geneviève Mallarmé et Edmond Bonniot, qui y rassemblèrent meubles et souvenirs, notamment des objets provenant de l'appartement de la rue de Rome tels que la table des mardis et le cabinet japonais. Inscrite au titre des monuments historiques en 1946, elle a été achetée par le Conseil départemental en 1985, transformée en musée et inaugurée en 1992; en 2011 elle a reçu le label « Maison des Illustres ». Attaché à restituer l'atmosphère du lieu et à préserver la mémoire du poète, le musée conserve de nombreux meubles, objets familiers et œuvres offertes par ses proches, parmi lesquels Manet, Gauguin et Whistler. On y remarque notamment la petite pendule de Saxe citée dans le poème en prose Frisson d'hiver, la table des mardis de la rue de Rome, le châle à carreaux de Mallarmé, son cabinet japonais et la lanterne magique de sa fille Geneviève. Le fonds comprend plusieurs manuscrits, dont le poème autographe sur éventail Autre éventail de Mademoiselle Mallarmé (1884) et une transcription du poème Soupir (1866), ainsi que la bibliothèque anglaise et une partie de la bibliothèque française du poète. Sont également conservés l'ouvrage de 1858 The Poetical Works of Edgar Allan Poe with original memoir et une édition originale de À rebours de Huysmans (1884). La correspondance avec Édouard Manet concernant Le Corbeau d’Edgar Allan Poe et L'Après‑midi d'un faune fait partie des collections. Un bois sculpté de Gauguin, L'Après‑midi d'un Faune, offert par l'artiste, a été acquis en 2005 avec l'aide de l'État et de la Région. Le musée a aussi acquis des manuscrits et éditions originales, comme le poème autographe Les Fleurs (1998) et Les Poésies de Mallarmé illustrées par Matisse (1932, acquisition 2001), ainsi que des dessins, notamment un portrait de Julie Manet et Paule Gobillard par Berthe Morisot. Les collections se sont enrichies par de nombreux dons : le châle figurant sur la photographie de Nadar, des coupures de presse, l'autorisation de posséder un canot sur la Seine à Valvins, la poupée de Geneviève Mallarmé, l'écoppe du bateau du poète, de petits objets japonais, sa Bible, les cahiers d'écolier de son fils Anatole et des photographies d'amis. Certains dons sont anonymes ; en 2005 le musée reçut d'un admirateur anonyme une édition espagnole de l'autobiographie de Mallarmé déposée sur sa tombe à Samoreau. Derrière la maison se trouve un grand jardin fleuri et fruitier reconstitué par la paysagiste Florence Dollfus à partir de photographies anciennes, de l'organisation traditionnelle des jardins de bords de Seine à la fin du XIXe siècle et de la correspondance du poète; tulipes, pivoines, dahlias, rosiers, iris, pommiers et poiriers y peuvent être admirés. Le musée organise des expositions temporaires et des actions de médiation culturelle ; entre 2009 et 2022 les thèmes présentés ont inclus l'éventail dans le monde de Mallarmé, les lanternes magiques et projections lumineuses, les femmes de Mallarmé, la mode au temps du poète, ainsi que des collaborations avec des artistes contemporains. Tout au long de l'année il propose ateliers pédagogiques pour les groupes scolaires, visites guidées, conférences et concerts. Le musée est ouvert tous les jours sauf le mercredi, de 10h à 12h30 et de 14h à 17h30 (18h en juillet et août). Il fait partie des cinq musées départementaux de Seine‑et‑Marne, aux côtés du musée départemental des Pays de Seine‑et‑Marin à Saint‑Cyr‑sur‑Morin, du musée départemental de Préhistoire d'Île‑de‑France à Nemours, du musée départemental de l'École de Barbizon à Barbizon et du jardin‑musée départemental Bourdelle à Égreville.