Origine et histoire de la Maison des Échevins
La Maison des Échevins de Billom, située rue Pertuybout, est un édifice emblématique des XVe et XVIe siècles, bien qu’elle n’ait jamais abrité d’échevins. À Billom, le pouvoir local était exercé par des consuls élus annuellement, selon une charte accordée par l’évêque de Clermont, seigneur de la cité. Cette maison, construite vers 1470, aurait pu appartenir à l’un de ces consuls, bien que cette hypothèse reste incertaine. Elle illustre l’organisation politique et sociale de la ville à la fin du Moyen Âge, marquée par une autonomie relative sous l’autorité épiscopale.
La construction s’est déroulée en plusieurs phases, avec une première tranche vers 1470, suivie de remaniements et d’agrandissements ultérieurs, notamment au XVIIe siècle. L’édifice se distingue par sa tour d’escalier en pierre d’arkose, ses fenêtres à meneaux, et une cour intérieure fermée, typiques de l’architecture civile de l’époque. Malgré des transformations au XXe siècle, elle conserve des éléments originaux comme un portail sur rue, un puits, et une cheminée du premier étage.
Classée monument historique en 1919, la maison a fait l’objet de restaurations entre 1920 et 1923, puis au cours de la deuxième moitié du XXe siècle. En 1905, un projet d’acquisition par la ville pour y installer un musée avait été envisagé, sans suite. Aujourd’hui, elle témoigne de l’histoire urbaine de Billom et de son patrimoine médiéval préservé.
Les matériaux utilisés, tels que l’arkose pour les moellons et la pierre de taille, reflètent les ressources locales et les techniques de construction de l’époque. Les ouvertures en rez-de-chaussée, transformées au fil des siècles, révèlent l’adaptation de l’édifice aux besoins changeants de ses occupants. Son classement en 1919 souligne son importance patrimoniale, tant pour son architecture que pour son rôle dans l’histoire consulaire de la ville.
L’hypothèse de son appartenance à un consul, bien que non confirmée, renforce son intérêt historique. La maison, organisée autour d’une cour intérieure, combine des espaces de vie et des dépendances, illustrant le mode de vie des élites urbaines de la Renaissance. Les travaux de restauration ont permis de préserver des éléments clés, comme les fenêtres à coussièges et les enduits d’origine, tout en adaptant le bâtiment aux normes contemporaines.