Origine et histoire de la Maison des Templiers
La maison des Templiers de Beaugency est un édifice civil roman situé à l'angle de la rue du Traîneau et de la rue du Puits-de-l'Ange, dans le département du Loiret. Datant du XIIe siècle, elle est considérée comme la plus ancienne maison de la ville, bien que son attribution aux Templiers ne repose sur aucune preuve historique. Son architecture présente des arcades jumelées en plein cintre, ornées de bâtons brisés et de chapiteaux à feuilles lisses, caractéristiques du style roman.
La maison a subi des remaniements majeurs aux XVe et XVIe siècles, notamment l'ajout d'un escalier à vis desservant l'étage. En 1944, une partie de l'édifice fut détruite lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Avant ces transformations, le rez-de-chaussée abritait cinq boutiques, comme en attestent des aveux des XVIIe et XVIIIe siècles. Les arcades du rez-de-chaussée, détruites au XIXe siècle pour aménager un commerce, ont disparu, mais celles de l'étage subsistent.
La façade sur rue a été classée monument historique par arrêté du 7 juin 1919, tandis que le reste de l'édifice, ainsi qu'une maison contiguë et deux courettes, ont été inscrits le 22 décembre 2006. Malgré son nom, aucune source ne confirme son lien avec les Templiers, dont la maison attestée à Beaugency se trouvait rue des Querres. Les vestiges médiévaux encore visibles, comme une porte et une cheminée des XVe-XVIe siècles, témoignent des transformations successives.
Un escalier en vis de la fin du Moyen Âge, d'un rayon d'environ 1,20 mètre, dessert l'étage, tandis qu'un escalier plus ancien et plus étroit, peut-être roman, est partiellement conservé. Les chapiteaux à feuilles lisses des baies de l'étage suggèrent une datation vers le milieu du XIIe siècle. La maison, partiellement détruite en 1944, a perdu une partie de sa structure d'origine, visible sur le plan cadastral de 1828, qui indiquait un bâtiment plus long.
Les peintures murales du début du XVIe siècle, découvertes dans la partie détruite, représentaient une nef entourée d'une forêt stylisée et d'animaux, évoquant peut-être les découvertes du Nouveau Monde. Ces éléments, ainsi que les culots sculptés et les larmiers de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle, illustrent les ajouts postérieurs à la construction romane initiale.