Origine et histoire
La maison dite ancien Hôtel d'Orléans, située à Crépy-en-Valois dans l'Oise, est un édifice seigneurial des XIVe et XVe siècles, mesurant plus de 12 mètres de hauteur. Il se compose d'une cave voûtée, d'un rez-de-chaussée, de deux étages carrés séparés par un bandeau, et d'un comble à surcroît. Une tour octogonale abrite un escalier en vis reliant les niveaux, tandis que l'accès à la cave s'effectue par une cour arrière. La façade sur rue, en pierres appareillées, est couronnée de corbeaux, et le toit est couvert de tuiles. À l'arrière, la façade donne sur une cour avec un escalier en tourelle octogonale et deux pignons en pierre.
À l'origine appelé « Sainte-Agathe », cet hôtel était en ruines en 1438 après des combats violents sous la seigneurie de Robert de Châtillon. Marie de Clèves, duchesse douairière d'Orléans et de Valois, le fit reconstruire au XVe siècle. Son nom actuel, « Hôtel d'Orléans », pourrait provenir de la dynastie des Valois d'Orléans, bien que la date exacte de cette appellation reste inconnue. L'édifice fut aliéné au donjon de Crépy en 1528, racheté par le roi en 1560, puis vendu à Antoine Bataille, procureur du roi, en 1597. Il changea plusieurs fois de mains, devenant une hôtellerie sous le nom de « Grand Monarque » au XVIIe siècle, puis « Grand Vainqueur » sous Napoléon Ier.
Au XIXe siècle, l'hôtel fut acquis par des particuliers en 1872, avant d'être vendu à la ville de Crépy-en-Valois en 2001. Certaines parties, comme une cheminée du XVIe siècle et des gargouilles, furent vendues séparément au XIXe siècle. L'édifice est aussi surnommé « maison Jeanne d'Arc » en raison du passage de cette dernière à Crépy-en-Valois le 11 août 1429. Les façades et toitures sont protégées depuis un arrêté de 1978, et l'adresse actuelle est le 17 rue Jeanne-d'Arc.
L'histoire de cet hôtel reflète les bouleversements politiques et sociaux de la région, passant de résidence seigneuriale à lieu d'hébergement public, tout en conservant des éléments architecturaux médiévaux remarquables. Les modifications ultérieures, comme les baies percées ou modifiées, illustrent son évolution à travers les siècles. Aujourd'hui, il constitue un témoignage important du patrimoine valoisien, lié à la fois à l'histoire locale et à des figures nationales comme Jeanne d'Arc.