Frise chronologique
1937
Achat par Leonora Carrington
Achat par Leonora Carrington
1937 (≈ 1937)
Acquisition du mas par la compagne de Max Ernst.
1938-1939
Résidence de Max Ernst
Résidence de Max Ernst
1938-1939 (≈ 1939)
Création d’œuvres surréalistes dans la maison.
3 septembre 1939
Arrestation de Max Ernst
Arrestation de Max Ernst
3 septembre 1939 (≈ 1939)
Internement comme « étranger ennemi ».
juin 1940
Départ de Leonora Carrington
Départ de Leonora Carrington
juin 1940 (≈ 1940)
Vente de la maison avant son exil.
1991
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1991 (≈ 1991)
Protection de la maison et de ses décors.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La maison (cad. A 98) : inscription par arrêté du 19 novembre 1991
Personnages clés
| Max Ernst - Peintre surréaliste |
Auteur des reliefs et peintures de la maison. |
| Leonora Carrington - Artiste et compagne d'Ernst |
Co-créatrice des décors, propriétaire initiale. |
| Paul Éluard - Poète et ami d'Ernst |
Intervient pour sa libération en 1939. |
| Albert Joseph Aimé Pagès - Notaire local |
Rédige l’acte de vente en 1940. |
Origine et histoire
La maison de Max Ernst, située à Saint-Martin-d'Ardèche, est un mas datant du XVIIIe siècle, racheté en 1937 par Leonora Carrington. Elle y vécut avec Max Ernst de 1938 jusqu’à la déclaration de guerre en septembre 1939. Ernst, arrêté en raison de sa nationalité allemande, fut interné à Largentière puis au Camp des Milles. Libéré fin 1939 grâce à l’intervention de Paul Éluard, il fut de nouveau emprisonné en mai 1940. Après son arrestation, Leonora Carrington resta seule dans la maison avant de quitter la France en juin 1940, laissant la propriété être vendue par procuration.
Pendant leur séjour, Max Ernst et Leonora Carrington réalisèrent des sculptures et peintures surréalistes dans et autour de la maison. Parmi les œuvres encore visibles figurent un grand relief extérieur (Loplop) et des sculptures comme La Sirène et le Minotaure. D’autres éléments, comme des décors intérieurs ou des toiles (L’Europe après la pluie), furent détachés ou vendus après-guerre. La maison, classée Monument Historique en 1991, reste un témoignage unique de leur collaboration artistique, bien que son intégrité ait été partiellement altérée par des ventes dans les années 1980.
La maison illustre aussi les bouleversements de l’époque : l’exil des artistes sous l’Occupation, les arrestations arbitraires des étrangers, et la dispersion des œuvres d’art. Après la guerre, Max Ernst revint en France pour récupérer certaines toiles, comme L’Europe après la pluie. Aujourd’hui, le site n’est pas ouvert au public, mais son mur extérieur conserve des traces visibles de cette période créative et tourmentée. La maison est protégée pour son rôle dans l’histoire du surréalisme et comme lieu de mémoire de la Seconde Guerre mondiale.