Origine et histoire
La Maison dite École d'architecture de Volvic trouve ses origines dans les bâtiments médiévaux d’un prieuré clunisien du XIe siècle, Saint-Priest de Volvic, devenu plus tard une communauté de prêtres sous l’Ancien Régime. Dissoute en 1790, cette communauté laisse derrière elle des locaux inoccupés, dont une partie est réutilisée en 1820 pour y installer une école communale et une école d’architecture, à l’initiative du comte Gilbert Joseph Gaspard Chabrol-Volvic. Ce dernier, propriétaire de carrières de trachy-andésite, cherche à former des ouvriers qualifiés pour exploiter la pierre de Volvic, tout en luttant contre l’illettrisme croissant dans la région après la Révolution.
L’école, d’abord dirigée par Jean-Baptiste Roger, se concentre sur l’enseignement du dessin et des métiers de la pierre (tailleurs, sculpteurs, émailleurs sur lave). Malgré des débuts chaotiques – manque de locaux, conflits avec la municipalité, et gestion aléatoire par des religieux ou des instituteurs incompétents –, elle s’impose progressivement comme un centre de formation unique en France. En 1880, la laïcisation de l’enseignement et l’arrivée de Joseph Berthelay marquent un tournant : l’école se professionnalise, participe à des expositions nationales (médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1900), et obtient une reconnaissance officielle.
Au XXe siècle, l’école, rebaptisée EDAV (École Départementale d’Architecture de Volvic), diversifie ses formations et survit malgré les crises économiques et les guerres. En 1972, elle devient un centre associatif, le CDATMP (Centre Départemental des Arts et Traditions des Métiers de la Pierre), avant de prendre le nom d’IMAPEC en 2009 sous l’égide de l’association Traces de pierre. Son bâtiment, classé Monument Historique en 1908 pour son arcature romane, témoigne de son héritage médiéval et de son rôle clé dans la préservation des savoir-faire locaux.
L’arcature romane du pignon, élément protégé, se compose de trois linteaux en demi-cercles surmontés d’une moulure, séparés par des colonnettes à chapiteaux. Ce détail architectural, typique du XIe siècle, contraste avec la vocation industrielle et pédagogique ultérieure du site. L’école a formé des générations d’artisans, contribuant à la renommée de la pierre de Volvic, tout en incarnant les tensions entre pouvoir local, État et initiatives privées dans l’histoire de l’éducation technique en France.
La Première Guerre mondiale inspire aux élèves des projets de monuments aux morts, aidant les industriels locaux à se démarquer sur un marché saturé. Dans l’entre-deux-guerres, l’EDAV remporte une médaille d’or à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925, consolidant sa réputation. Cependant, la crise des années 1930 et la mécanisation des métiers de la pierre réduisent ses effectifs, la contraignant à se recentrer sur la transmission des savoir-faire traditionnels, rôle qu’elle perpétue encore aujourd’hui.