Frise chronologique
Première moitié du XVIe siècle
Construction ou reconstruction
Construction ou reconstruction
Première moitié du XVIe siècle (≈ 1625)
Période de François Ier et bailliage royal.
1698
Date du portail
Date du portail
1698 (≈ 1698)
Marqueur architectural tardif.
6 octobre 1789
Mort de Jérôme Pagès des Huttes
Mort de Jérôme Pagès des Huttes
6 octobre 1789 (≈ 1789)
Défense de Marie-Antoinette à Versailles.
11 juin 1990
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
11 juin 1990 (≈ 1990)
Protection des éléments intérieurs et extérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Maison du Chevalier des Huttes, y compris les éléments de décor intérieur (cheminées, lambris) (cad. AX 260) : inscription par arrêté du 11 juin 1990
Personnages clés
| François Ier - Roi de France |
Héritier de la vicomté de Carlat. |
| Jehan de Cardaillac - Vice-bailli et juge |
Actif lors de la transition royale. |
| Guillaume Teilhard (1562-1646) - Propriétaire |
Première famille noble attestée. |
| Jérôme Pagès des Huttes - Garde du roi |
Mort en 1789 lors d’un événement historique. |
| Marie Latapie de Balaguier - Héritière au XIXe siècle |
Dernière propriétaire mentionnée. |
Origine et histoire
La maison du chevalier des Huttes, située à Vic-sur-Cère dans le Cantal, est un édifice hybride entre manoir et hôtel urbain, construit ou reconstruit au XVIe siècle. Ce bâtiment se distingue par son corps de logis oblong de deux étages, une tour d’escalier polygonale centrale, et une échauguette en encorbellement à l’angle sud-ouest, portée par cinq corbeaux moulurés. La façade nord, moins ancienne, est accolée à des constructions modernes, tandis que la couverture en lauzes et les lucarnes datent du XIXe siècle. Le nom Castelsoutro (château bas) le différencie du Castelvielh (château haut), siège historique de la juridiction d’appeaux de Vic, devenue sédentaire sous François Ier.
Le monument est lié à l’histoire judiciaire locale : il abrite la juridiction d’appeaux lorsque celle-ci se fixe à Vic, après que la vicomté de Carlat – héritée par François Ier de sa mère Louise de Savoie – soit devenue royale. Jehan de Cardaillac, vice-bailli et juge de Carlat, est associé à cette période de transition. La maison passe ensuite entre les mains de familles influentes, comme les Teilhard (Guillaume et Jehan), puis les Pagès des Huttes, dont Jérôme, garde du roi, meurt en 1789 en défendant Marie-Antoinette. Au XIXe siècle, elle appartient à Marie Latapie de Balaguier, épouse de Joseph de La Garde de Saignes.
L’édifice conserve des éléments architecturaux remarquables : fenêtres à meneaux, lambris et cheminées intérieures protégés, ainsi qu’un portail daté de 1698. Bien que partiellement remanié (notamment la tourelle ouest et la porte de la tour), il illustre l’évolution des demeures nobles entre Renaissance et époque moderne. Classé Monument Historique en 1990, il n’est cependant pas ouvert à la visite.
La maison incarne aussi les transformations sociales de Vic-sur-Cère, bourg stratégique du Cantal. Son architecture reflète le statut de ses propriétaires – officiers royaux, nobles locaux ou bourgeois anoblis – tout en intégrant des aménagements pratiques (bâtiments modernes accolés). La présence de lauzes, pierre volcanique typique de la région, et les influences toulousaines (via les Pagès) soulignent les liens entre Auvergne et Languedoc.
À noter : le site ne doit pas être confondu avec la maison du bailliage (1620), située place de l’église, ni avec le Castelvielh, motte castrale dominant la ville. Les sources (Wikipédia, Monumentum) insistent sur son rôle de logis seigneurial et de symbole du pouvoir judiciaire royal en Haute-Auvergne.